| Elena Fineberg | ||
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| Marie-Antoinette, Très chère Elena, Les mariages royaux sont malheureusement très rarement des mariages d'amour. Je n'avais jamais eu la chance de rencontrer mon mari avant de l'épouser. Je ne sais pas si l'on peut dire que je fus «forcée» de l'épouser, car tel est le rôle des princesses de tous les temps et royaumes. Mais il est certain que mon avis, si j'avais eu envie de l'exprimer, n'aurait compté que peu. Fort heureusement, j'ai toujours eu un esprit aventurier et j'étais plus curieuse que peureuse à l'idée de vivre cette grande entreprise. Je crois avoir aimé mon mari à ma façon, comme il m'aimait à la sienne. Mais comme vous l'écrivez si bien, l'amour est une chose très complexe et il existe plusieurs sortes d'amours… Je possédais en effet des centaines de robes, dont la plupart étaient aussi inconfortables que ces robes peuvent le laisser paraître! J'aimais beaucoup être à Trianon, où je pouvais me vêtir un peu plus légèrement. Mes cheveux naturels étaient blonds-roux. Je dois en parler au passé puisqu'ils sont maintenant devenus blanc. Mais la plupart du temps, je portais une perruque. Étant Reine de France, j'avais en effet beaucoup de gens à mon service. Tellement, que je ne saurais vous dire exactement combien! J'avais cependant réduit leur nombre durant les dernières années. J'avais bien des animaux, au Hameau, et des petits chiens, que j'aimais tant! J'ai vécu la plus grande partie de ma vie en France. Et même si ma famille m'a toujours manqué, je suis française. Et si l’étiquette de Versailles m'a souvent pesé, croiriez-vous que celle d'Autriche aurait été moins oppressante? Vous avez en tout cas raison. On ne m'avait jamais posé la plupart des questions que vous m'avez écrites! J'espère avoir su y répondre à votre convenance et pourquoi pas, avoir le plaisir de vous répondre de nouveau. Au revoir, chère Elena, Marie-Antoinette
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