Sa soeur
écrit à

   


Marie-Antoinette

   


J'ai eu grand regret à lire votre triste lettre
 

   


Ma chère et tendre sœur,

J’ai eu un grand regret à lire votre triste lettre à tel point que j’ai éprouvé l’urgence de vous faire parvenir ma réponse. J’ai été profondément troublée par votre comportement aux yeux de votre peuple, mais je ne peux vous en vouloir plus longtemps, car je ne sais que trop bien que la Révolution en est la cause. Elle-même nous a privés de tous privilèges. Je m’excuse de ne pas avoir tenu ma promesse de prendre soin de votre aimante fille, qui je sais compte énormément à vos yeux. Je crois que je ne comprendrai jamais ce que vous ressentez; c’est pour cela que je vous soutiendrai jusqu’au bout. Ne me remerciez pas pour tous les sacrifices que j’ai faits pour votre personne, tout cela était réciproque. Je suis navrée que votre fin soit si proche, mais que Dieu accompagne et bénisse votre âme jusqu’aux cieux.
                                         
Votre chère et tendre sœur


Madame,

Vous dites m'aimer, mais vous me blâmez pour mon comportement? Je crois avoir toujours bien agi envers mon peuple, dans toutes circonstances.

J'ignore si ma fin est proche, mais elle m'importe peu. Je ne garde espoir que pour l'avenir de mes chers enfants.

Marie-Antoinette