Sur la question juive |
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| Cher Karl, Dans tes oeuvres tu as souvent été sévère avec le peuple dont tu es originaire, pour quelles raisons, cela reste pour moi un mystère? Pourtant, ne dois-tu pas à ce peuple, qui a placé au plus haut de ses préoccupations la vie intellectuelle et les exigences morales, d'une part les extraordinaires capacités d'analyse dont tu fis preuve, et, d'autre part le caractère subversif et prométhéen de ta pensée? Merci de ta réponse. |
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| Lisez attentivement mon commentaire sur la question juive,
ce sera pour observer que le Juif, pas plus que le Russe ou le Magyard, ne vaut pas
comme Juif, mais comme produit opiné de la déliquescence féodale
vers le capitalisme. Je dis que les bonnes gens accusent Shylock d'avoir produit
leur ruine sans se soucier de se demander qui a produit Shylock. Crier haro sur l'usurier, le fripier, le banquier c'est trop crûment autocritique et autodestructeur pour que nos philistins s'y aventurent. Crier haro sur le Juif c'est un dédouanement qui sert tous les intérêts, y compris celui des usuriers, des fripiers, des banquiers, en ce qu'ils se perpétuent eux-mêmes aussi en se dédouanant de leur culpabilité sur l'agneau pascal juif... Karl Marx |