L'univers

 

     
       

 

       

 

       

puce__10@hotmail.com

      Bonjour,

J'ai quelques questions pour vous car nous étudions votre oeuvre à l'école et j'aimerais en savoir plus sur votre pensée.

J'aimerais savoir comment vous croyez que l'univers a été créé? Pour vous, quelle place occupe l'être humain dans cet univers? Comment l'humain doit-il se comporter pour atteindre le bonheur? Qu'est ce que l'être humain peut souhaiter de sa vie? Et, selon vous, l'homme est-il libre?

Merci à l'avance.

Stéphanie
         
         

Karl Marx

      En matière de création de l'univers, je suis darwinien. Une masse matérielle en mouvement permanent engendre la vie organique inférieure, puis la vie organique supérieure, puis la vie pensante. L'univers matériel est donc incréé. Il ne commence nulle part et ne finit nulle part, juste comme la ligne du temps vers le passé et le futur. L'infinité de l'univers exige qu'il soit incréé. La création est un mythe de l'irrationalité religieuse. Il faut faire l'effort de rationalité de se libérer de cette chimère myope.

L'être humain apparaît dans l'univers et disparaîtra. Mais il est doté d'une aptitude particulière face à la réalité matérielle. Il peut la détourner, la distordre, la distendre pour l'assimiler et la mettre à son service. Cela commence quand notre lointain ancêtre s'approprie le pâturage puis l'agriculture, et cela se poursuit avec la locomotive, le haut fourneau, et la télégraphie.

Pour atteindre le bonheur, le travailleur doit jouir pleinement du fruit de son travail sans qu'une autre classe l'opprime et détourne son activité productive contre lui. Il faut qu'il soit réclamé de chacun selon ce qu'il peut donner, et qu'il soit donné à chacun selon ses besoins réels. L'homme et la femme doivent s'attendre à ce minimum de justice, mais cette attente est inévitablement active, car l'homme et la femme devront obtenir ce rajustement des valeurs de leur vie par la lutte.

L'homme n'est pas libre. Il est le résultat infime de l'action de forces historiques gigantesque. Une classe peut se libérer d'une autre, mais l'homme ne se libérera pas de ses déterminismes. Il les tranformera simplement en d'autres déterminismes.

Bien à vous,

Karl Marx