La mondialisation

 

     
       

 

       

 

       

lravary@videotron.ca

      Aviez-vous prévu la mondialisation et que pensez-vous de la tendance actuelle?
         
         

Friedrich Engels

      La mondialisation du capitalisme est un phénomène ancien que Marx et moi avions déjà en vue quand nous écrivîmes en 1848: "La grande industrie a fait naître le marché mondial, que la découverte de l'Amérique avait préparé. Le marché mondial a donné une formidable impulsion au commerce, à la navigation, aux voies de communication. En retour, ce développement a entraîné l'essor de l'industrie. À mesure que l'industrie, le commerce, la navigation, les chemins de fer prirent de l'expansion, la bourgeoisie s'épanouissait, multipliant ses capitaux et refoulant à l'arrière plan toutes les classes léguées par le Moyen Age" (MANIFESTE DU PARTI COMMUNISTE - première partie). Le mouvement économique mondial dont vos journalistes et publicistes de tout poil font un tel tapage est loin d'être une foucade des nouveaux libre-échangistes. C'est une tendance profonde et centenaire. Elle s'accentue à votre époque, ce qui signifie que s'accentue la mise en place des prévisions contenues dans les thèses fondamentales de Marx. Un seul exemple: l'investissement, jadis productif, s'effectue de plus en plus en votre temps, dans le change, la spéculation, ce que les Français, toujours aussi vifs à décrire tout abus social, appellent le boursicotage. Votre quincaillerie dite électronique sert de plus en plus à généraliser ce phénomène. On nous rapporte que certaines machines sont programmées -comme vous dites- à acheter et vendre des actions ou des devises, aveuglément, à partir de leur passage ascendant ou descendant sur certains taux seuils, et ce à l'échelle d'un gargantuesque World Stock Exchange automatisé. Loin de Marx et de moi-même de nous mêler de vos grandes affaires affairistes, mais quand on confie le transport d'un matériau aussi potentiellement destructeur que l'eau à un Golem cyclopéen et sans conscience, il ne faut pas s'étonner un jour de finir emporté par une inondation...

Respectueusement,

Friedrich Engels