Idée personnelle |
||||
|
|
![]() |
|||
|
|
||||
|
|
||||
| Herr Marx, Je vous écris pour vous faire part d'une idée personnelle concernant le communisme: je pense qu'en théorie c'est une des meilleures doctrines politiques. Seulement, je pense également qu'elle est inapplicable à l'homme, car il est bien trop égoïste (je m'inclus dedans, bien sûr) et incapable d'accepter l'idée de mettre ses biens en commun pour en faire profiter la communauté. Chacun chercherait inévitablement le bonheur de son côté sans se soucier de celui des autres, et l'histoire tournerait mal. Les exemples de pouvoir ayant monté à la tête des hommes sont fréquents au cours de l'histoire, de César à Robespierre, sans oublier Staline, bien sûr. Autre chose, ceci n'est nullement une critique, c'est juste une constatation à propos de laquelle je souhaiterais un avis. Amicalement, Mr Petch |
||||
|
|
||||
|
|
||||
| Mon ami, Vous traitez le communisme comme si c'était le programme électoral de quelque parti politique philistin qu'il faudrait appliquer sur la société civile comme un cataplasme sur un os félé, ou lui faire ingurgiter comme un breuvage à une rosse. Mieux, une médecine, un mauvais opium concocté dans quelque officine poussiéreuse d'apothicaire par un carabin idéaliste et décollé du monde, et qu'il faudrait maintenant inoculer sous le derme de la bête sociale égoïste, comme une substance étrange qui lui donnerait le bon tonus ou la tuerait par choc chimique. Voilà le communisme selon vous. Mais le communisme est une tendance qui émerge implacablement des sociétés organisées. Elles résistent à leurs exploiteurs, secouent le joug de leurs oppresseurs, s'unissent pour se protéger, s'organiser en communes, en soviets, en comités d'actions, demain en ONG, ou dans un grand mouvement anti-capitaliste. L'humain n'est pas égoïste, mon ami, observez-le bien attentivement: il est généreux, collectiviste, prométhéen, il veut que ses enfants s'amusent tous ensemble dans un grand jardin pacifié et débarassé des rapaces qui le dégradent, le tient en coupe réglée. Il sera bientôt prêt à abattre l'hydre pour ce faire... C'est la féodalité, puis le capitalisme qui forcent sur nous, oh combien temporairement, le repli égoïste de la survie mal avisée. Or, un jour ces régimes brutaux, mafieux, propriétaires orneront les musées macabres de nos cirques enfantins... Et nous rirons, libérés et communistes. Karl Heinrich Marx |