Aidez-moi

 

     
       

 

       

 

       

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SalhiAyman@aol.com

      Cher Monsieur,

Je parcours actuellement un des passages de «l'Idéologie allemande» qui est ci-dessous. Je tente de mieux le comprendre, mais je n'y parviens pas. Pourriez-vous m'éclairer plus à ce sujet.

Merci

Salhi Ayman

«À l'encontre de la philosophie allemande qui descend du ciel sur la terre, c'est de la terre au ciel que l'on monte ici. Autrement dit, on ne part pas de ce que les hommes disent, s'imaginent, se représentent, ni non plus de ce qu'ils sont dans les paroles, la pensée, l'imagination et la représentation d'autrui, pour aboutir ensuite aux hommes en chair et en os; non, on part des hommes dans leur activité réelle; c'est à partir de leur processus de vie réel que l'on représente aussi le développement des reflets et des échos idéologiques de ce processus vital. Et même les fantasmagories dans le cerveau humain sont des sublimations résultant nécessairement du processus de leur vie matérielle que l'on peut constater empiriquement et qui est lié à des présuppositions matérielles. De ce fait, la morale, la religion, la métaphysique et tout le reste de l'idéologie, ainsi que les formes de conscience qui leur correspondent, perdent aussitôt toute apparence d'autonomie. Elles n'ont pas d'histoire, elles n'ont pas de développement; ce sont au contraire les hommes qui, en développant leur production matérielle et leurs rapports matériels, transforment, avec cette réalité qui leur est propre, et leur pensée et les produits de leur pensée. Ce n'est pas la conscience qui détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience. Dans la première façon de considérer les choses, on part de la conscience comme étant l'individu vivant, dans la seconde façon, qui correspond à la vie réelle, on part des individus réels et vivants eux-mêmes et l'on considère la conscience uniquement comme leur conscience.»

 

       

 

       

Karl Marx

      Cher Monsieur,

C'est la critique du point de départ. Mon père reproche à la philosophie de s'ancrer dans les nuages, de cultiver la croyance d'origine mystique en son autodétermination, et conséquemment en l'autonomie de son histoire. Mon père et Monsieur Engels expliquent que la pensée, qu'elle soit connaissance ordinaire ou métaphysique éthérée, n'a aucune autonomie historique et ne se déploie que comme l'émanation, l'humeur, l'arôme du développement historique matériel. C'est donc de ce dernier qu'il faut partir pour comprendre l'idéologie, pas le contraire.

Respectueusement,

Laura Lafargue