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Maéva
écrit à

Marie Mancini


Votre avis


   

Madame,

Je suis une élève de la classe de 4° au collège Léonard de Vinci à Saint-Aubin de Médoc. Vous qui étiez la maîtresse de Louis XIV, vous le connaissiez bien: alors, êtes-vous d'accord avec toutes ces personnes qui disent que votre amant n'a pas assez pensé à son peuple?

Je vous prie d'accepter mes sentiments les plus respectueux.

Maéva


Très chère Maéva,

Votre lettre a le mérite de ne pas manquer de franchise! Mais en tout premier lieu je me permettrai de vous corriger sur un point. Je n'ai jamais été la maîtresse de Louis XIV pour la simple et bonne raison que je ne voulus jamais jouer ce rôle; j'ai été son amie, sa préférée, sa mie, sa confidente, son trésor, mais certainement pas sa maîtresse. Si je permets d'insister si durement sur ce point, c'est que, à l'heure où j'écris cette lettre et où j'arrive au crépuscule de ma vie, la seule consolation qu'il me reste vis-à-vis de ma relation avec le roi est de savoir que jamais je n'ai été sa maîtresse, que jamais je ne me suis abaissé à ce rôle comme certaines autres par la suite.

Maintenant, je puis répondre à la suite de votre missive. Je ne suis pas d'accord avec les gens qui ont pu affirmer et qui affirment toujours, peut-être à votre époque, que Louis le Quatorzième ne pensa pas assez à son peuple. Au contraire, sa vie fut consacrée à celui-ci; de par la Fronde qui assombrit son enfance, il compris très tôt qu'en tant que roi il ne pourrait jamais négliger ce dernier. Le roi consacra toujours beaucoup de son temps à écouter son peuple; ce dernier pouvait l'approcher pour lui faire part de ses réclamations, le roi consacra toujours beaucoup de temps à écouter et soigner son peuple.

Il n'empêche que, et je suis sûre que ce dernier serait d'accord avec moi, il consacra beaucoup trop de temps à la guerre. Que voulez-vous, il avait ça dans le sang! Malheureusement, si les nombreuses guerres qu'il mena furent faites au nom de son peuple, elles le firent aussi beaucoup souffrir.

Au plaisir de vous lire à nouveau. Que cette réponse puisse vous satisfaire!

Votre bien dévouée,

Marie Mancini connétable de Naples

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