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Alexis L.
écrit à

Marie Mancini


Marie Mancini et sa vie


   

Chère Madame,

Je vous écris, si vous me le permettez, pour vous connaître et pour savoir comment vous étiez avec Louix XIV et comment vous vous sentiez avec lui.
   
Quand votre mère vous a élevée, comment se comportait-elle avec vous?

Pendant que vous étiez en Italie qu'est-ce qui vous a poussée à faire de la poésie et pas autre chose? Quand vous faisiez de la poésie auriez-vous désirer voyager à l'étranger?

Ma lettre à été écrite dans le cadre d'un devoir du Collège Marcel Proust.

Alexis L.


Très cher Alexis,

Louis le Quatorzième a été mon vrai premier amour, celui pour lequel on est prêt à tout. Nous étions jeunes et nous avions la vie devant nous; il me voyait déjà comme sa reine et cela ne me déplaisait pas. Quand nous étions ensemble nous nous sentions invincibles, rien ni personne ne pouvait nous faire de mal, rien ne pouvait nous séparer... rien n'aurait dû pouvoir nous séparer.

Ma mère n'a pas été plus stricte qu'une autre, seulement elle n'appréciait pas mon tempérament qu'elle qualifiait de mauvais; mon père depuis mon plus jeune âge la mettait en garde sur ce que les astres lui disaient de négatif sur mon compte et ma mère, sensible aux prédictions paternelles et n'appréciant pas mon caractère tempétueux, se méfiait de moi plus que de tous mes frères et sœurs réunis! Elle ne voulut pas que je vienne en France comme les autres; si mon oncle ne l'avait pas obligée, je serais certainement, encore à l'heure où je vous écris, enfermée dans un de ces couvents austères où la lumière et la joie ne filtrent jamais, à soupirer sur une vie que je n'aurais pu vivre. Mais en contrepartie de ma venue en France, ma mère exigea de nous accompagner; elle ne voulait pas me laisser libre, elle fit de sorte que je passe tout mon temps enfermée dans nos appartements. Elle voulait au plus tôt me faire entrer au couvent car elle me jugeait indigne de me marier, mes seules consolations étaient la rêverie et la lecture. Sa mort marqua la fin de mon emprisonnement car mon oncle, contrairement à elle, ne voulait pas perdre l'occasion de pouvoir marier une de ses nièces à un bon parti; il me permit donc de fréquenter la Cour et c'est ce qui faillit signer sa perte une fois que je tombais amoureuse du roi.

J'ai toujours aimé manier les lettres, la poésie est quelque chose de merveilleux. Comme je vous l'ai dit, j'ai été  sensibilisée à la littérature, notamment française, du temps où ma mère me gardait sous sa coupe; j'ai eu toute l'occasion de développer une certaine expertise dans l'exercice de manipuler les mots et de savoir reconnaître de beaux écrits quand j'en voyais. En Italie je voulus faire connaître le raffinement à la française, en ce qui concerne les lettres justement. Je trouvais qu'en la matière les Italiens manquaient de finesse. Mais vous savez, je n'ai point fait que de la poésie durant mes années italiennes, mon père bénéficiait d'une bonne réputation d'astrologue et je ne me débrouillais pas si mal à tirer les cartes; je m'adonnais donc régulièrement à cette occupation pour le compte de quelques connaissances de la haute société romaine ou vénitienne car Venise fut indubitablement ma muse, notamment sur le plan artistique; il ne se passait pas une année sans que je m'y rendisse pour une durée de plusieurs semaines.

J'ai eu à de nombreuses occasions la possibilité de voyager à l'étranger; j'allai en Angleterre avec ma sœur Hortense qui d'ailleurs resta là-bas, en Espagne où je sus briller à la Cour, en plusieurs endroits d'Italie forcément, mais aussi en France quoique pour mon plus grand malheur je n'eus plus jamais le droit d'y retourner.

Sachez que malgré mes nombreux voyages je n'eus jamais besoin de me déplacer physiquement pour être inspirée, mon imagination me suffit amplement, d'autant plus maintenant où elle est abreuvée de tout mon passé.

Je reste votre dévouée,

Marie Mancini connétable de Naples

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