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Daphné (alias Dada03)
écrit à

Marie Mancini


Départ pour la cour


   

Madame,

Je me présente, je suis élève de 4°C au collège Léonard de Vinci dans une petite commune aux alentours de Bordeaux. Je vous écris depuis mon cours de français. J'ose vous envoyer une missive pour vous poser quelques questions sur votre vie à la cour.

J'ai appris que votre mère ne vous avait pas autorisée à partir à Paris avec elle. Comment vous êtes-vous sentie quand votre mère vous a exclue de votre vie à la cour? Quel argument lui avez-vous donné pour partir avec elle?
 
J'espère que vous me répondrez.

Veuillez, je vous prie, croire à toute mon amitié,

Dada03


Très chère Daphné,

Il est vrai que ma mère ne voulait point que je vienne à la Cour de France, car selon elle je n'aurais rien pu y faire de bien. Mais mon oncle le cardinal fut intraitable et il obligea ma mère à me laisser partir; malheureusement elle exigea en contrepartie de ma venue là-bas qu'elle puisse être du voyage ce qui fut accepté. J'ai été fort attristée quand on m'annonça que je ne pourrais pas quitter Rome; alors je vous laisse le soin d'imaginer la joie que je ressentis par la suite en apprenant que finalement j'étais attendue en France. Sur le moment, le fait que ma mère vînt avec nous ne me toucha point, car j'étais persuadée qu'une fois arrivée à la Cour son ascendant sur moi serait amoindri. Hélas, elle avait pensé à tout et, au contraire de mes autres sœurs qui furent rapidement intégrées à la vie de la Cour, je n'eus pas mon tour et pour cause! ma mère avait décidé que ma place n'y était pas et que je devais rester en sa compagnie à elle. J'en aurais hurlé, mais le destin eut, d'une façon cruelle mais indiscutable, pitié de moi, car ma mère tomba grièvement malade quelque temps plus tard et, même si elle continua de donner des ordres m'obligeant à rester sans cesse à ses côtés, je sentis qu'elle pouvait de moins en moins me tenir sous son influence. Son décès me permit de prendre mon indépendance et, comme mon oncle souhaitait me marier au plus tôt, j'eus tout intérêt à me faire connaître à la Cour. Mon seul regret en ce temps-là fut l'absence du Roi, cela me peina.

Pour reprendre votre interrogation, ce ne fut pas moi qui donnai des arguments susceptibles de faire accepter à ma mère l'idée que je puisse venir en France, cette dernière ne voulant jamais m'écouter. Ce fut mon oncle qui, par missives interposées, parvint à la convaincre de changer d'avis. Je ne sais pas exactement ce qu'il utilisa comme arguments, si ce n'est que pour lui notre arrivée en France devait suivre un ordre précis en fonction de notre âge respectif et qu'il était non négociable que cet ordre puisse être bouleversé.

Je reste votre dévouée,

Marie Mancini connétable de Naples

P.S. : Je préfère vous appeler par votre prénom que j'ai trouvé dans votre adresse de courrier.

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