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Corto Maltese

   


Esmeralda

   

Salut Corto,
 
J'ai toujours rêvé de te rencontrer. C'est pas encore pour maintenant mais au moins, on peut discuter un peu. En même temps, je trouve ça très romantique. Le récit de ta vie me fait continuellement m'évader. J'ai même été vivre un peu dans les Caraïbes... Ça a bien changé en un siècle, l'aventure n'est plus ce qu'elle était, faut croire.
 
Esmeralda t'a demandé un jour si tu avais été amoureux. Tu lui as répondu que oui, mais il y avait bien longtemps. De qui parlais-tu donc? Et sinon, toi qui connais bien Raspoutine, s'agit-il bien de celui-là même qui était proche du tsar et surtout de sa femme? Ce moine guérisseur? Ainsi donc, il aurait survécu...
 
Je vais te laisser maintenant. Tu as sûrement d'autres choses à faire. À bientôt, Corto.
 
Olivier


Olivier,

C'est bien de rêver comme tu le fais. Rêve encore. Mes amours, curieusement, sont au coeur des préoccupations de bien des gens à mon sujet. Si Esmeralda, cette chère coquine argentine, a déjà affirmé une telle chose, c'est sûrement en réaction avec la relation que j'ai déjà eue avec sa mère, la Parda Flora. Cette époque est si lointaine. J'ai déjà aimé et j'aime toujours, ami. Pour ce qui est de Ras, sois sans crainte, ce vieux louf n'a rien du mystique que fut Grigori Efimovitch. Lorsqu'il a déserté l'armée du tsar, ses préoccupations étaient bien loin des jupons de la tsarine et il ne jouissait d'aucun don de guérison, crois-moi.

Je te laisse maintenant, car j'ai d'autres choses à faire.

C.M.