Nelfette
écrit à

   


Corto Maltese

   


Dis-moi...

    Ah! Corto, si tu savais comme il est dur aujourd'hui de voyager!

La mer m'appelle, belle, sauvage, indomptable et mille continents au-delà... Mais les terres nouvelles n'existent plus et les hommes ont tout souillé autour d'eux. La nature est si belle, pourquoi en faire une marchandise?

Ah! Corto, Bouche Dorée a beau dire, tu as de la chance de découvrir tant de choses, si dures parfois, mais si belles et si tendres aussi...

Ta mélancolie n'a d'égale que ta douceur et tu ne dois pas connaître la rancœur et l'aigreur qui m'habitent parfois face à la race humaine.

Rêveusement tienne,

Nelfette

Nelfette,

C'est vrai. Notre terre se fait de plus en plus petite car nous sommes plus nombreux à l'habiter, à la transformer et à la solliciter. Et malheureusement, à la marchander. Tout cela est vrai. Mais il serait dommage, pour ces raisons, de refuser de continuer de la découvrir. Chaque lieu comporte mille autres facettes insoupçonnées. J'en sais quelque chose. Tu retournes à un endroit connu et tu t'aperçois que tu n'y es encore qu'un simple étranger. Et le charme opère encore et encore. Continue de rêver, Nelfette; à demi éveillée, c'est encore mieux.

C.M.

Merci Corto, pour ces mots réconfortants.

J'ai poussé le voyage en Inde récemment et j'y ai vu autant de nature sauvage que de tourisme étouffant!

Ah! Il me semble avoir lu que tu déplorais qu'on t'écrive toujours sous un pseudonyme, alors laisse-moi signer...

Tiphaine

Tiphaine. C'est joli, Tiphaine.

L'Inde aux contrastes infinis. Le Nord qui veut se démarquer du Sud. Le Sud qui voudrait un peu plus des richesses du Nord.

C'est maintenant à mon tour de partir. En fait, je lève l'ancre dans quelques heures à peine. Il y a une révolution qui dure depuis cinquante ans là où je me rends. Peut-être y a-t-il de quoi fêter?

C.M.