|
M-MACE+em-lyon.com |
||
|
De passage... |
||
|
Corto Maltese, J’ai tant de questions à te poser… Un jour, l’une d’elles sera «Veux-tu m’épouser?» Tu répondras «non», et je tâcherai de ne pas être triste… Voici la première: où as-tu appris à danser le tango si divinement? Tant de fois je t’ai observé en secret, tenant dans tes bras une femme quelconque qui, rien que d’être serrée par toi, si fort, si fort, devient si belle, et le rythme saccadé du tango, son air lascif, et toi, si fier… Où, dis-moi, où as-tu appris? Catherine Catherine, Pour les épousailles, tu connais déjà ma réponse. Inutile donc de revenir sur ce sujet. Mais où aurais-je appris à danser le tango ailleurs qu’à Buenos-Aires? Le tango est une pensée triste qui se danse. Sans nostalgie ou «saudade» comme le disent les Brésiliens, sans ses origines de bas-fonds, nul ne saurait le maîtriser pleinement. Mais depuis qu’il a envahi la bonne société, je ne danse plus. D’ailleurs, je ne suis pas aussi virtuose que tu le penses. Tu m’auras vu au Club sportif de San Isidro sans doute. Tu y étais? Quelle soirée chaude en présence des jolies femmes de l’Armée du Salut. C’est là que j’ai appris. Là que j’ai succombé au vrai coup de foudre. Satisfaite? C.M. Corto Maltese, Satisfaite, oui, oui, satisfaite… Mais ce n'était que ma première question. La deuxième: pourquoi t'être tracé toi-même une ligne de chance au creux de la main? Pourquoi n'avoir pas fait confiance au destin? Ça m'étonne de toi, toi qui habituellement te laisses porter par le vent, au gré de tes aventures, comme elles viennent. Catherine Cette ligne de chance, je me la suis tracée par pure provocation du destin, justement. Pour conjurer le sort. Cette ligne était singulièrement trop courte pour mes ambitions. Ce genre d'intervention figure parmi celles, trop peu nombreuses, que l'on peut altérer soi-même. Pourquoi hésiter? C.M. |
|
|