Rita
écrit à

   


Corto Maltese

   


Cher Corto

    J'ai entendu parler, il me semble (ou peut-être est-ce bien un songe...) d'un bar en ton honneur, Corto. Voilà, je me noie totalement depuis trois jours dans cet océan labyrinthique qu'est Google et c'est avec une grande lassitude que je m'en remets à tes soins.

Pourrais-tu, je t'en conjure, m'indiquer les coordonnées de ce bar et si, comme je le suppose, tu leur as rendu visite, me donner ton humble avis à propos de ce sanctuaire dédié à toi...

Un ignoble et attardé publieur de torchon fait état de tous les macchabées que vous avez laissés au fil des pages de vos aventures! Ce grossier intrus pourfendeur de rêve, et cela dit empêcheur de tourner en rond, vous accuse de violence et vous trouve, je le cite «une image d'Épinal certes d'un gentleman voyageur mais qui poignarde à l'aide de ciseaux, tue à la mitraillette, à la bombe... un héros pas si sympathique que ça) et je vous passe les éventuels psychanalyses qui vont de la névrose, à l'absence d'un père, une mère fantasque et mystique ne sachant pas élever son fils... bref je suis outrée!

NOUS SAVONS TOUS QUE CORTO A UN GRAIN! Mais n'est-ce pas la seule façon de résister à la pression d un monde fade, bourré de limites, grotesques, ou l'Homme oublie qu'il a des droits et non uniquement des devoirs! à part envers lui-même! pour SA liberté!

Lâchons-nous, arrêtons de penser aux interdits! Derrière mon épaule, quand ces mots fielleux s'impriment dans mon cerveau, ce n'est pas vraiment toi...

Rita

Rita,

Le bar auquel tu fais référence se trouve à Biscarosse, une sinistre plage des Landes, en France. Voilà. Tu sais où aller te saouler maintenant.

Tu ne m’y verras pas. Je n’y suis pas. Je ne veux jamais y aller.


C.M.

J’ai été assez éprouvée par le caractère humiliant de votre réponse. Vous aurai-je déplu, Corto, au point que vous osiez me rabaisser ainsi? Ce n’est pas ce que je rêvais de partager avec vous…

Toutes mes excuses si je vous ai troublé.

Rita

Ne te froisse pas au moindre mot de travers, Rita. Moi, je ne suis point troublé.

C.M