Les premiers enfants du Roi et d'Athénaïs |
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| Chère Françoise, Vous qui avez pris en charge une partie des enfants d'Athénaïs et du roi, pouvez vous me dire de quel sexe était l'enfant qu'ils ont eu en 1669 et qui est décédé en 1672 et si il avait un nom. Je me suis permis d'écrire au roi pour savoir combien d'héritiers lui a donné la Marquise. Il porte ce chiffre à 7. Pourtant, j'ai pu lire dans quelques documents qu'il y a en avait eu 8: un garçon (?) né en 1669, une fille (?) née en 1669 et morte en 1672 (Louise Françoise?) et les 6 légitimés. Pouvez-vous m'éclaircir je vous prie. Bien à vous, Anaïs |
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Très chère Anaïs, Vous semblez très bien renseignée sur toutes ces rumeurs qui bruissaient à la Cour lorsque la «Belle Madame» régnait sur le coeur du Roi. Et il y en a eu beaucoup, comme toujours lorsqu'un courtisan est exposé en pleine lumière sous les rayons du Soleil. Et pourtant, que de stratagèmes dont le Roi n'a-t-il pas usé pour que sa nouvelle conquête demeure dans une ombre relative. Relative, car l'esprit éclatant et épris de gloire d'Athénaïs ne souffrait guère l'anonymat! Mlle de La Vallières leur a longtemps servi de paravent, conservant les apanages de la maîtresse en titre même si elle n'en assumait plus la fonction. Non pas que l'on se souciait de son âme, mise en péril par un double adultère mais plutôt que l'on craignait l'humeur de son conjoint. La Reine ne souffrait guère les infidélités de son royal époux sans laisser s'exprimer son tempérament espagnol et Monsieur de Montespan, lui, réagissait avec toute la théâtralité dont sont capables les Gascons. Comme l'on craignait les réactions de ce dernier, qui aurait pu user de ses droits d'époux pour revendiquer la paternité, ou encore tenter d'éclabousser le Roi en créant un scandale, il a fallu faire preuve d'imagination pour cacher les grossesses d'Athénaïs. Celle-ci a trouvé un subterfuge digne de son élégance: lancer la mode d'un type de panier porté haut et sur le devant ce qui permettait de cacher les augmentations de volume au niveau de la taille. Il devenait donc difficile de s'y retrouver à moins de faire partie des familiers du couple d'où les incertitudes et supputations. De plus, dans le monde, il n'est pas de bon ton de trop s'attendrir sur sa progéniture qui est trop souvent sujette à une mort précoce. C'est une règle à laquelle ma conscience répugne car je considère que même les tout-petits ont droit à notre affection, mais vous me pardonnerez de laisser dans l'oubli cette petite âme que notre Sire n'a pu reconnaître comme sienne. Ce secret ne m'appartenant pas, je verrais comme une trahison posthume le fait de le révéler. En espérant conserver malgré tout votre amitié, Françoise |