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bernard.kronal@modulonet.fr |
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Ingratitude |
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| Marquise, Ne trouvez-vous pas l'accusation de Madame de Montespan injuste dans l'affaire des poisons? Car si elle est accusée de vouloir se débarrasser de sa rivale, vous pouvez l'être aussi, puisque vous jalousiez cette jeune femme en raison de sa liaison avec le Roi. De plus, je trouve criminel de pendre des jeunes filles de Saint-Cyr pour une grimace dans le dos. Certes, ce n'est pas agréable, mais il vaut mieux le prendre avec humour. Au lieu de critiquer tout le monde, regardez-vous un peu. Et c'est vous qui avez monté les enfants de Madame de Montespan contre elle. C'est comme cela que vous remerciez la femme qui vous a présentée à la Cour et qui a fait votre fortune? On vous dit vertueuse et prude, mais vous n'êtes pas plus prude que les filles de joie. Flore Chère Flore, Vous accusations font que je me sens l'âme d'une accusée mise à la question sans aucun recours. Peut-être en est-il bien ainsi, ne serait-ce que pour me rappeler à plus de modestie. Il me semble me débattre à nouveau sous la vague de calomnies avec laquelle l'on a tenté de m'ensevelir lors de la disgrâce d'Athénaïs. Il aurait été trop simple de considérer Madame de Montespan uniquement comme la rivale à haïr et à éliminer. Ce serait oublier toutes ces années que j'ai passé à la servir sans autre espoir que de les satisfaire, elle et son Royal amant, en tant que gouvernante. Soit, les divergences n'ont pas manqué quant à l'éducation de ses enfants. Ce qui n'a aucunement nui au développement d'une amitié entre deux femmes d'esprit ayant connu bien des chemins de traverse. Selon ce que j'ai pu percevoir d'Athénaïs, nous étions des femmes de la même trempe, facteur qui nous faisait sentir proche l'une de l'autre tout autant qu'il faisait de nous des ennemies. Bref, je ne vous cache pas l'animosité que je ressentais envers Madame de Montespan; néanmoins, je vous demande de faire preuve d'ouverture d'esprit et de considérer les liens qui nous unissaient. Quant à une pendaison à Saint-Cyr sur la seule base que l'on ait pu me tirer la langue? Je m'indigne devant ce qui sent sa commère tout comme les rues de Paris transportent leur puanteur en bannière! Jamais je n'aurais donné mon assentiment à telle punition. De même qu'autant je cherchais à protéger les enfants d'Athénaïs contre les idées saugrenues de leur mère (ses médecins seuls auraient pu les tuer!), autant je leur enseignais tout le respect qui lui était dû. Il me faut mettre mon indignation (justifiée!) de côté afin de répliquer à votre dernière affirmation. Vous parlez de pruderie alors que je ne revendique que la pudeur, qualité bien différente à mes yeux. La pruderie est une pudeur mal placée à mes yeux. Quant à ma vertu, Dieu seul en est juge. Vous me forcez toutefois à faire preuve d'humilité en admettant que ma conduite a été celle d'une prostituée pendant un temps. Situation qui ne s'est guère prolongé si vous êtes prête à me rendre justice. Que cet état de fait n'ait pas été rendu public ne change rien à la réalité. J'espère avoir rendu visage humain à ce monstre que vous dépeignez... Françoise de Maintenon, née d'Aubigné |
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