Gouvernante des enfants du Roi |
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| Très chère Françoise, Vous vous êtes occupée des enfants du roi et de la Marquise de Montespan durant un certain temps. J'aimerais savoir si vous étiez la gouvernante de la totalité de leurs enfants ou si vous n'avez eu en charge que les premiers. Pouvez-vous donc me donner les noms des enfants du roi dont vous avez été la gouvernante et en quelque sorte une 2e mère? |
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| Très cher Bertrand, Vous me rappelez là une période douce à mon coeur et qui fût en effet trop courte. J'avais la charge de quatre des enfants illégitimes, dont l'aîné qui est malheureusement décédé en bas âge comme c'est trop souvent le cas avec ces petite êtres fragiles. J'ai eu le plaisir d'éduquer Louis Auguste, duc du Maine, dont la santé m'a donné bien des soucis, Louis César, comte de Vexin et Louise Marie Anne, Mlle de Tours. Au début, je devais vivre en recluse pour éviter que la colère de Monsieur de Montespan, qui n'acceptait pas l'infidélité de sa femme, ne se déchaîne. Les enfants m'étaient remis encore humides du ventre de leur mère et je devais sortir par une porte dérobée. J'avais loué une petite maison où pas un serviteur ne savait la véritable identité des enfants. La situation a changé lorsque le Roy, très attaché à eux, les a fait légitimer: nous nous sommes installés alors à Versailles. Je n'oserais revendiquer le titre de «deuxième mère» quoique je crois avoir rempli ma tâche à l'entière satisfaction de Sa Majesté le Roy. Ce qui ne fût pas toujours facile car il me fallait lutter contre les caprices de la Marquise qui, quoique sans méchanceté, me semblait parfois traiter ses enfants comme des animaux savants. Je trouvais une oreille plus attentive en la personne de Sa Majesté le Roy qui a fréquemment arbitré nos différents à ce sujet. Je dois avouer que le duc du Maine devint immédiatement mon mignon. Une infirmité demande plus de soins (je devais régulièrement l'amener prendre les eaux) et cela crée des liens particuliers soit, mais il m'a surtout conquise par son esprit, qui dénotait une vive intelligence, par sa douceur et par son courage à surmonter les épreuves. J'espère avoir apporté une réponse satisfaisante à vos interrogations et demeure votre dévouée Françoise d'Aubigné, Marquise de Maintenon |