Lettre d'acceptation
de Machiavel
à l'Éditeur
       
       
         
         

Machiavel

      Mon ami,

Ainsi que je vous le proposais dans ma dernière missive, je décide de me mettre au service de vos lecteurs afin de les instruire sur les arcanes de la diplomatie et sur les meilleurs moyens de cotoyer les grands de ce monde.

Je ne saurais hélas pas leur donner la quintescence de mon art car celui-ci s'applique à une personne particulière pour l'armer face à son univers, mais je tâcherais d'être le moins généraliste possible.

Bien entendu, mon expérience pourra sembler désuète, ma carrière de précepteur s'étant arrêtée officiellement en 1527, mais je ne pense pas que le monde occidental ait politiquement changé depuis la disparition de mes amis De Médicis. De plus mes conseils sont a-temporels et s'appuient sur une connaissance des humains et de leurs motivations.

Enfin, pour achever ce mot et répondre à mes détracteurs, voici ce qu'un de vos auteurs français a écrit sur moi: "Auteur du Prince, Niccolò Machiavelli, florentin et démocrate, dut faire face à la coalition du Pape, des Espagnols et des Vénitiens ligués pour restaurer le pouvoir ducal des Médicis, contre la fragile République de Florence.

En faire le suppôt des tyrans et un prévaricateur de la politique, ainsi que le voient ses critiques moraux, c'est feindre de ne pas comprendre un texte dense et réfléchi, résultat d'une expérience vécue et de lectures approfondies, dont le legs qu'il nous fit nous amène à repenser la politique d'une façon plus lucide et, en même temps, à choisir non seulement la liberté, mais les efforts nécessaires pour la garder."

Messieurs Voltaire et Frédéric de Prusse, je vous salue bien bas.

Monsieur l'Éditeur,
Au plaisir de vous livrer mes opuscules.

Niccolò Machiavelli