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écrit à

   


Louis XVI

     
   

Votre voyage et votre arrestation

    Sire,

Je suis depuis déjà fort longtemps particulièrement passionnée par votre histoire et celle de votre famille et j'avoue que je ne peux m'empêcher de penser que quelques erreurs commises lors de votre voyage vers Montmédy vous ont coûté la vie à vous et vos proches.

Pensez-vous réellement qu'il était prudent, en cours de voyage, de descendre de la berline pour cheminer à pied ou discuter des moissons avec les paysans rencontrés au lieu de faire au plus vite pour rejoindre votre but?

Bien sûr vous ignoriez que l'Assemblée avait donné des ordres et expédié sur tous les chemins des hommes à votre recherche mais tout de même!

Votre salut dépendait de ce voyage et, sans vouloir vous offenser, vous avez fait preuve de beaucoup d'imprudence.

Permettez-moi de vous dire que votre frère PROVENCE ne s'y est pas trompé et lorsqu'il a quitté Paris en compagnie du comte d'Avaray, il n'a pas perdu une minute!

Votre voyage a été, en réalité, une succession de bévues qui au final se sont révélées dramatiques.

En effet, M. de FERSEN et le marquis de Bouillé ont fait leur possible pour faire de ce voyage une réussite mais trop de détails ont été négligés: le choix des gardes du corps, Moustier, Malden et Valory est loin d'être judicieux: l'un d'entre eux a une vue si basse qu'il est incapable de voir combien de chevaux sont attelés à la berline et un autre ne connaît de la France que le centre de Paris!

Par ailleurs, le fait que ces trois hommes aient choisi de revêtir la livrée de la Maison du Prince de CONDE en des temps si agités et surtout pour se rendre dans une région, l'Argonne, où ces vêtements jaunes étaient connus de tous apparaît comme de la dernière légèreté.

Tout ceci est bien regrettable et aurait certainement pu être évité avec un peu plus de discernement.

Toutefois, il y a un point qui me trouble particulièrement dans l'accumulation de malchance au cours de ce voyage.

Pensez-vous comme certains ont pu le dire que le marquis de Bouillé ait pu être de connivence avec Lafayette et qu'il vous ait, vous, votre épouse et vos enfants, laissés volontairement prisonniers de ceux qui voulaient vous voir regagner Paris?

Croyez-vous qu'il connaissait ce passage à gué qui aurait permis à ses hommes de vous rejoindre et de vous rendre libre de vos mouvements?

Cet homme en qui vous aviez placé une si grande confiance méritait-il réellement cet honneur?

J'espère que vous pourrez apporter des réponses à mes interrogations et, avant de conclure, je voulais juste rajouter que je crois que, malgré votre statut de roi, vous êtes un homme comme beaucoup d'autres, ni parfait, ni foncièrement mauvais qui a payé bien cher les erreurs qu'il a pu commettre.

Respectueusement,

Fabienne



Mademoiselle,

On a bien mal interprété mes intentions sur le voyage de Montmédy. Il ne s'agissait point de s'y rendre le plus rapidement possible mais bien de faire connaître à mon peuple que je n'étais pas libre au contraire de ce qu'on voulait lui faire croire. Je désirais également mesurer l'intérêt réel qu'il portait à la Constitution.

Aussi, il n'en allait pas de même pour mon frère qui, lui, devait se rendre à l'étranger.

Je ne sais rien des relations de Monsieur de Bouillé et de Monsieur de La Fayette mais il me semble certain que les calculs ont été fort mal effectués. Il était impossible de tenir les horaires prévus.

Louis