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Louis XVI

     
   

Un grand roi

    Votre Majesté,

Je sais que vous adorez votre peuple et que vous auriez fait n'importe quoi pour qu'il fût heureux, satisfait et qu'il ne manquât de rien.

Pourquoi avoir fui à Varennes?

La princesse de Lamballe était-elle avec vous ce jour-là?

Lors de la prise des Tuileries le 10 août 1792, vous vous êtes réfugié à l'Assemblée Nationale et vous avez été, quelques jours plus tard, avec votre famille, interné à la prison du temple. Pourquoi avez-vous été emmené là-bas? Est-ce les députés qui vous ont livré au peuple, je ne sais pas ce qui s'est passé ce jour-là? Pourriez-vous m'éclairer à ce sujet?

Jalousiez-vous un peu Monsieur de Fersen pour sa profonde amitié avec la reine?

Qu'est-il arrivé à votre petite Sophie? Était-elle malade? En quelle année est-elle née? Pourriez-vous un peu m'en parler?

Merci pour tout ce que vous avez fait pour le peuple, que ce soit la déclaration des droits de l'homme que vous avez approuvée et la constitution que vous avez bien voulu nous donner.

Amicalement,

Flore



Mademoiselle,

En quittant Paris, je souhaitais soustraire ma famille aux outrages et aux insultes dont elle n'était que trop souvent la victime à cette époque. Je pensais aussi faire taire les calomniateurs qui niaient que je fusse libre et qu'ainsi je ne pouvais revêtir les décrets du caractère de la loi.

Madame de Lamballe avait alors quitté la cour, elle ne pouvait donc être du voyage.

Le 10 août, ma famille et moi-même nous sommes réfugiés à l'Assemblée pour tenter d'empêcher l'attaque des Tuileries et, si cela ne pouvait être, mettre du moins ma famille en sûreté. Il était du devoir du pouvoir législatif d'assurer la protection de l'exécutif. Au lieu de cela, l'Assemblée prit peur devant l'agitation causée par les factieux et finit par leur céder en prononçant ma déchéance. Elle céda enfin face à la Commune de Paris à laquelle le sort de ma famille fut confié et qui nous imposa le Temple pour nouvelle résidence.

Je dois une grande reconnaissance à Monsieur de Fersen pour sa fidélité qui est allée jusqu'à préparer notre voyage à Montmédy. Je sais que de nombreux bruits ont couru sur sa personne mais ce sont là des choses dont je me soucie peu, je ne puis que me réjouir du fait que la Reine se soit fait un ami d'un homme aussi loyal.

Ma seconde fille, Sophie, est née en 1786. Je ne connais pas exactement le mal qui l'a emportée: elle ne vécut que quelques mois et montra dès après sa naissance des signes de faiblesse qu'elle ne put surmonter.

Hélas, Mademoiselle, on s'empressa souvent d'oublier cette déclaration des droits de l'homme que vous évoquez et qui fit tant de bruit. Elle se trouve suspendue dans mon appartement et je ne sais ce que l'on voulut par là insinuer sinon combien elle ne s'applique pas à moi. Dans sa courte existence, la Constitution ne fut guère plus honorée.

Louis