Anne-Sophie et Valentine
écrivent à

   


Louis XVI

     
   

Un courriel de 2007...

    Collège de Marcq, le 22 octobre 2007

Très cher Louis XVI,

Nous avons le grand honneur de pouvoir vous écrire à vous, roi de France. Nous sommes collégiennes, en classe de quatrième. À notre époque, l’école est obligatoire! Cela doit vous étonner. Nous souhaiterions vous poser quelques questions sur votre temps et vos mœurs.

Tout d’abord, comment cela se passe-t-il à Versailles? Nous avons appris qu’il y faisait tellement froid en hiver que le vin gelait à table! Est-ce vrai? Un roi comme vous doit avoir beaucoup de serviteurs à sa disposition, combien en avez-vous?

Il faut que vous sachiez que toutes les écoles de France parlent de vous, vous êtes admiré! Nous connaissons toute votre vie, ainsi que celle de votre chère femme Marie-Antoinette. En ce moment, en l’an 2007, pour nous distraire, nous regardons une machine qui diffuse des images. Cette machine est appelée «télévision». Et vous, quelles sont vos distractions?

En 2007, la population française a élu un président, il se soucie beaucoup de l’avis de son peuple. Est-ce que pour vous l’avis des français est important? Nous attendons avec impatience votre réponse.

Nos baisers les plus distingués,

Anne-Sophie Rigal et Valentine Thomas

Mesdemoiselles,

J'ai connu de rudes hivers mais je n'ai pas souvenir de vin gelant dans le verre à Versailles. On m'a toutefois relaté de telles anecdotes à propos de l'hiver 1709 qui fut particulièrement sévère. Si cela est possible, c'est avec mon aïeul, le roi Louis XIV, que vous devriez vous en entretenir.

Il n'y a plus aujourd'hui que Cléry pour me servir mais autrefois, la maison du roi regroupait environ mille cinq cents serviteurs quoique je me fusse efforcé d'en réduire considérablement le nombre. C'étaient là des positions très convoitées. Cependant le nombre des serviteurs ne fait pas la qualité du service puisque j'ai eu la douleur d'apprendre, à la lecture des pièces du procès, que nombre des mes anciens serviteurs avaient déposé contre moi.
Oh, je sais bien que la peur les y pousse mais je reste confondu devant tant d'ingratitude.

Quant aux distractions, excepté la lecture, je dois avouer qu'elles ne sont pas légion au Temple. Cela fait des années que je n'ai pas chassé maintenant mais j'aurais grand plaisir à reprendre.

On me parle décidément beaucoup de votre nouveau président; je ne sais s'il se soucie véritablement de l'avis des Français mais les Français semblent bien occupés de lui. Pour ma part, je crois que les cahiers de doléances des Etats généraux ont assez montré le prix que j'y accordais.

Louis


Notre bien-aimé Roi de France,

Nous avons mis du temps à vous répondre, et nous nous en excusons, mais les études demandent beaucoup de temps et d'attention! Nous avons pris un petit moment pendant nos vacances pour vous répondre! Eh oui, en 2007, il existe des vacances, il y a les vacances de la Toussaint, de Noël, de février, de Pâques... Les vacances sont des moments privilégiés, répartis en 13 ou 14 semaines dans l'année. Avez-vous des vacances à votre époque? Quelque chose nous étonne, comment avez-vous fait pour nous répondre, à nous élèves de quatrième, alors que nous correspondons par Internet et qu'à votre époque, si nous ne nous trompons pas, l'électricité n'existe point, et encore moins l'ordinateur!

Nos plus sincères sentiments,

Valentine THOMAS et Anne-Sophie RIGAL


Je ne connais point les vacances dont vous me parlez mais plutôt les jours chômés qui, outre les dimanches, comprennent les fêtes saintes.
 
Je ne doute pas que vous usiez de ce que vous nommez "Internet" pour m'écrire mais ce n'est nullement mon cas. Je traite notre correspondance comme une correspondance ordinaire. Je confie mes messages à Cléry qui les remet lui-même à un agent dépêché par Dialogus.
 
Louis


Nous vous remercions amplement de ces précisions et nous vous souhaitons une bonne continuation dans votre métier de roi!