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écrit à

   


Louis XVI

     
   

Rappel des Parlements

    Sire,

Dès votre arrivée sur le Trône, vous avez rappelé les anciens Parlements, qui, sans légitimité, avaient entravé toutes les réformes de votre aïeul. Si beaucoup reconnaissent là votre souci du légalisme le plus scrupuleux, souci qui vous a conduit à user des formes de la constitution du Royaume - les États Généraux - pour mettre en oeuvre votre dessein, l'assentiment populaire à l'impôt, n'était-ce pas à votre avis une erreur si l'on regarde les choses avec le recul du temps?



Monsieur,

Je constate que vous avez parfaitement compris la pensée qui m'animait. Quant à l'erreur, il est probable que cela en était une puisque les parlementaires n'ont pas manifesté le même souci que le mien. En rappelant les parlements je voulais, dans un esprit de conciliation, mettre fin aux quatre années d'agitation qui avaient précédé et dont il apparaissait qu'on ne pourrait sortir en persistant dans la violence. Je croyais qu'il tenait autant au coeur des parlementaires qu'au mien de faire cesser cette querelle dans l'intérêt de l'autorité de la justice et de la dignité de la Couronne. Ma confiance fut trahie. Pour autant, qui aurait pu le dire? Je crois que le gain à tirer de l'expérience vaut le risque de l'erreur, d'autant que l'expérience parvient à nous sortir de l'illusion, bien plus néfaste que l'erreur puisqu'on ne peut la corriger. Au reste, je n'ai jamais balancé à reconnaître mes erreurs quand elles étaient mises en évidence, je ne me suis jamais montré opiniâtre par pure vanité ou subordination. À la même époque, on a ainsi parlé de mon inconstance à l'égard de Monsieur Turgot. Or, si ses idées étaient bonnes, c'est qu'il savait aussi les présenter sous un jour favorable, mais elles méritaient au vrai des amendements dont seule l'expérience pouvait démontrer la nécessité.

Louis