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Louis XVI

     
   

Quelle vie!

   

Bonjour Louis XVI!

Je suis très heureuse de discuter avec vous d'autant que je suis en train d'étudier votre siècle en histoire! J'aimerais connaître votre avis sur plusieurs points.

Votre passion pour les serrures et votre métier de roi: que préférez-vous? Les serrures ou être roi? Je sais que la question ne se pose pas mais si vous aviez pu choisir, auriez-vous voulu être roi? D'où vous vient cette passion pour les serrures?

Votre vie: que pensez-vous de votre vie? En êtes-vous heureux? En histoire, quand on vous étudie, le professeur nous parle de vos erreurs de gouvernement: fermeture de la salle de l'Assemblée Nationale, fuite de Varennes... J'aimerais connaître votre avis sur ces points, ne vous fâchez pas à cette lecture, je ne fais que vous raconter mon cours d'histoire, je n'ai pas d'avis personnel sur ces points car je ne vous connais pas! Mais je pense que le siècle de votre règne était dur: révolte des Français...

Justement, imaginons que vous n'êtes pas roi: si on vous proposait de choisir votre état d'esprit, pencheriez-vous du côté des révolutionnaires qui veulent des droits égaux pour tous (c'est mon côté aussi) ou du côté de la monarchie absolue?

Que de questions! C'est pourquoi je m'arrête là pour vous laisser le temps de répondre!

Au plaisir de vous lire.

Marie


Mademoiselle,

Vos contemporains m'entretiennent souvent de serrurerie, est-ce là un loisir que votre temps affectionne? On me l'a enseigné dans ma jeunesse mais j'avoue ne point m'y être consacré depuis fort longtemps.

En effet, Mademoiselle, on ne choisit pas d'être roi, sans quoi beaucoup refuseraient en comprenant tout ce qu'implique cette charge. Mais on ne choisit pas généralement sa condition et il ne convient donc pas de renoncer à celle-ci plus qu'à une autre.

Ma vie me plonge bien souvent dans de longues méditations depuis quelques temps et je vous le dis honnêtement, j'ai toujours sincèrement voulu le bonheur de mon peuple, jamais je n'ai formé le moindre voeu qui pût lui être contraire.

Pour ce qui est de la question de l'égalité, j'ai toujours senti la nécessité d'une plus juste répartition de l'impôt et j'eusse aimé pouvoir la faire accepter sans me heurter sans cesse à des intérêts particuliers. Je ne saurais cependant accréditer les moyens dont on a usé pour l'imposer.

Du reste, voilà une bien belle chose que ces droits de l'homme, mais il ne suffit point de les proclamer, est-on même capable de les appliquer? Voilà ce dont je doute en parcourant les journaux que me porte monsieur de Malesherbes.

Louis