Provence et Artois
       
       
         
         

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      Sire,

Je voudrais savoir quelles étaient vos relations avec vos frères les comtes de Provence et d'Artois. Est-il vrai que vous ne leur faites pas confiance car ils ont des vues sur le trône?

Qu'en est-il des Orléans?

Enfin, Majesté, avez-vous appelé le dauphin Louis-Joseph pour rendre hommage à votre frère aîné?

Le fait avoir donné à votre second fils le titre de Duc d'Aquitaine est-il aussi un hommage à votre frère Xavier-Marie-Joseph décédé en 1754 à l'âge de six mois?

Mes respects,

Anaïs

 

       
         

Louis XVI

      Je constate que vous n'êtes point découragée par le temps que mes réponses prennent à vous parvenir, Mademoiselle, et je m'en réjouis. Avez-vous bien reçu mes dernières réponses?

J'ai toujours porté beaucoup d'affection à mes frères, bien que nous ayons des caractères fort différents, il est vrai. Je leur ai demandé de m'assister lorsque cela était possible, c'est ainsi que le comte d'Artois est allé à Cherbourg pour préparer le voyage que j'y ai fait. Cependant, il est certaines des affaires de l'État qui regardent le Roi seul et auxquelles mes frères n'ont pas à prendre part, quelle que soit la confiance que je leur accorde et les sentiments que j'ai pour eux. Il peut être même de leur propre intérêt qu'ils n'y soient pas mêlés, la situation actuelle nous le prouve assez et il est heureux que mes frères aient trouvé un refuge sûr. Je souhaite simplement qu'ils n'usent point de cette position pour engager des entreprises qui pourraient mettre les Français en danger. Ils ne reçoivent que des échos trop lointains de ce qui se passe en France pour pouvoir juger convenablement de ce qu'il faudrait y faire. Il serait parfaitement regrettable que mes frères s'associent à une quelconque opération contre la France qui ne souffre déjà que trop de la guerre.

Je n'ai pas toujours entretenu les meilleures relations avec mon cousin d'Orléans, ce qui m'avait conduit à l'exiler un moment, mais je ne lui en tiens pas rigueur. Je sais que dans les moments de troubles on n'est pas toujours soi-même et je crois que si ses convictions révolutionnaires ont pu être sincères un temps, il est aujourd'hui victime de ses premiers engagements et il est probablement plus à plaindre qu'à blâmer.

Il est exact que je pensais au duc de Bourgogne en faisant baptiser mon premier fils, mais je n'ai malheureusement pas connu le duc d'Aquitaine.

Louis