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écrit à

   


Louis XVI

     
   

Madame Royale et le dauphin Louis Charles

    Sire,

Avant toute chose, j'aimerais faire savoir à Votre Majesté combien je compatis aux malheurs qu'elle a dû affronter. Vous avez vécu des événements terribles, et je suis persuadée que le roi a tâché d'y répondre de son mieux. Tant pis si la réponse n'était pas adaptée et allait à contre-courant: vous êtes resté fidèle à ce en quoi vous avez cru toute votre vie. Cependant, sire, sachez que je regrette que vous ayez manqué de clairvoyance.

Sire, je sais qu'en France il n'est pas dans les habitudes de questionner le roi. Mais votre bonté vous fera me pardonner ma hardiesse.

Ma question, sire, concerne les enfants: Marie-Thérèse et Louis-Charles. Leurs Altesses Royales étaient fort jeunes lorsque tout a commencé. Comment, donc, ont-ils vécu les journées d'octobre 1789 puis, le retour de Varennes et la journée du 10 août? Leurs Altesses ont dû être terriblement secouées. Elles ont dû en avoir des cauchemars.

Merci, Sire, de prendre ma demande en considération.

En attendant, Sire, je prie Votre Majesté de croire que je suis sa très humble et très fidèle servante.

Nathalie



Madame,

J'ai très peu évoqué ces sujets avec mes enfants. Je ne souhaitais pas en effet éveiller des souvenirs douloureux. Mon fils eut de fréquents cauchemars et parfois des accès de convulsions aux Tuileries. Il était rassuré lorsqu'il dormait auprès de moi. Quant à ma fille, je sais qu'elle s'efforce de dissimuler sa douleur mais elle en est parfois si submergée qu'il lui arrive de succomber à un évanouissement.

La vie que nous menons au Temple ne convient en rien à leur âge mais je me suis attaché à conserver les apparences d'une vie ordinaire, ce qui peut leur être d'un certain secours. Il me semble qu'ils sont aussi un peu moins exposés ici qu'aux Tuileries.

Louis