Les menteurs républicains et Marie-Antoinette
       
       
         
         

nathalie397@sympatico.ca

      Très cher Louis Capet, XVIe du nom, Roi de France,

Tout d'abord, j'espère, Votre Majesté, que vous ne trouverez nulle contradiction dans cette lettre que je vous adresse, même si elle vous en semblera peut-être truffée, mais je ne souhaite qu'exprimer le plus honnêtement possible mes opinions, qu'elles apparaissent contradictoires ou non!

Je veux tout d'abord vous dire que je crois que nul autre roi plus que vous n'a aimé son peuple: vous l'avez tant aimé qu'après avoir coiffé le bonnet phrygien des républicains avec bonne grâce parce que le bon vouloir du peuple semblait pencher de ce côté des choses politiquement parlant, vous avez accepté de mourir sur l'échafaud pour sauver ce peuple de vous car vous pensiez (en voyant les révoltes républicaines qui ensanglantaient déjà la Vendée) que votre règne était LA cause des «malheurs» des français qui ne voulaient plus de la monarchie, de toute façon!

Eh bien moi, je ne suis pas d'accord du tout avec tous les «républicains de la facilité» qui prônent encore en 2004 que la Révolution Française avait été rendue nécessaire au bien-être, à la prospérité et à la sécurité (!!!) de tout le peuple français! J'ai mis trois points d'exclamation plutôt qu'un seul à la suite du mot «sécurité» car jamais le peuple français, à venir jusqu'à la Révolution, n'avait vécu autant dans l'insécurité que durant la terreur qui suivit votre exécution!!!

En effet, non seulement les dictateurs républicains menteurs, tels Robespierre et compagnie, vous ont fait guillotiner, vous le Roi héréditaire mais légitime de la France, mais ils n'ont pas hésité une seule seconde à faire guillotiner des millieres de leurs propres partisans républicains, sans parler des milliers de royalistes vendéens et de partout à travers la France, bien entendu!!! Et cela, bien des républicains d'aujourd'hiui se voilent la face devant ces faits iniques de la Révolution et refusent d'avouer que ces épanchements de sang français étaient inutiles, sans parler des vandalismes sauvages qui ont eu cours alors dans toutes les magnifiques églises et tous les fabuleux châteaux de France et que des millions de documents d'archives ont été détruits dans les presbytères qui abritaient tous les baptistères des français jusqu'alors, ce qui a fait disparaître bien de précieuses informations sur les ancêtres des français!!! Les dictateurs républicains illuminés et menteurs d'alors justifièrent de tels crimes contre la Nation française toute entière en affirmant qu'il était nécessaire de faire table rase du passé sous prétexte de la venue de temps nouveaux!!!

Or, personne plus que les québécois savent que ce n'est pas en faisant table rase du passé qu'on construit l'avenir; quand on veut tout détruire du passé, on ne sait plus où on s'en va, cela crée des inquiétudes telles qu'elles finissent par pousser les jeunes vers le suicide par honte (inconsciente mais réelle!) de leurs racines!!!

Par ailleurs, comme l'a si bien dit un autre lecteur de Dialogus, je ne crois pas que la France de 1789-92 était plus pauvre et plus affamée que celle d'avant, sous Louis XV voire encore plus sous Louis XIV, deux rois qui se targuaient et se «pétaient les bretelles» de faire les plus somptueuses réceptions qui furent jamais alors que vous, Louis Capet, bien que le XVIème Louis du nom, vous étiez bien modeste et économe des deniers du peuple. Cependant, il faut bien avouer la mauvaise réputation que vous ont faite les extravagances vestimentaires et ludiques de votre tendre épouse, la charmante mais inconséquente Marie-Antoinette (ne vous en déplaise, Majesté, mais votre charmante épouse vous menait par le bout du nez et dépensait inconsidérément l'argent que vous lui octroyiez d'autant plus généreusement que vos propres besoins étaient très modestes et frugaux et que vous l'aimiez infiniment cette jeune autrichienne volage qui était tellement habituée au luxe de la Cour de Vienne, étant la fille adorée et gâtée de la très généreuse et maternelle Impératrice Marie-Thérèse d'Autriche!) Peut-être tant de générosité conjugale servait-elle à compenser les «malheurs» que vous croyiez lui causer, à cette belle jeune femme au sang chaud, qui, je suis au regret de vous le dire (et ce n'est PAS des calomnies car des lettres très compromettantes écrites de la main même de votre Marie-Antoinette le prouvent hors de tout doute) s'offrait des «parties de jambes en l'air notoires» avec son «garde du corps» le comte de Fersen, le beau suédois de votre armée royale!!! C'est peut-être plus ces constatations de ses agissements volages, qui n'échappèrent qu'à vous-même semble-t-il malheureusement, mais qui n'échappèrent nullement au peuple, savamment informé par les membres du Tiers-État (Eh oui, les jaloux sont partout!!!) autant que par les journalistes et les révolutionnaires, tous les êtres humains étant facilement portés vers la médisance, de quelque côté qu'ils soient, de celui de vos ennemis autant que du vôtre, votre Majesté, qui vous nuirent le plus!!! Si vous avez été faible et sot, ce n'est que dans ce sens, pas dans le sens politique car dans ces domaines, vous avez été plutôt bien éclairé et sage en tout temps, l'Histoire est témoin que vous avez tout essayé politiquement sauf pour une seule chose que vous avez refusée pour une fois à Marie-Antoinette: c'est de ne pas avoir accepté l'aide militaire de sa famille impériale autrichienne qui, souhaitant protéger leur progéniture et leur honneur impérial, voulaient lever des armées contre les révolutionnaires français et cela est tout en votre honneur de ne pas avoir accepté que le sang de votre bien-aimé peuple soit versé par le biais des étrangers, si proches parents par alliance soient-ils!!! Je ne vois nullement là de la lâcheté, comme l'affirment aveuglément tous les républicains ignorants du contexte historique de l'époque, bien qu'ils se targuent de tout connaître historiquement parlant alors qu'ils ne comprennent pas grand-chose en réalité (chez-nous au Québec, on appelle cela ironiquement des «Ti-Joe connaissants»!!!). En effet, ce n'est pas parce qu'on est français et qu'on a eu des cours d'Histoire de France (forcément un peu biaisés par les profs, les français contemporains étant tellement fiers inconditionnellement de leur sacro-sainte République qu'ils en sont fortement incapables d'être totalement objectifs en ce qui vous concerne, Majesté, puisque vous étiez du «mauvais côté»!!!) qu'on connaît tout et qu'on est parfaitement objectif; le cordonnier mal chaussé, vous connaissez? Je m'adresse ici à vos lecteurs ultra-républicains à tout crin, pas à vous Votre Majesté, vous l'aurez compris car vous n'êtes pas l'idiot congénital qu'on s'efforce de dépeindre pour justifier les crimes commis impunément par les républicains (je parle de votre injuste exécution d'abord et avant tout et des autres aussi, tant royalistes que républicaines...)

Je crois que vous avez tout fait pour plaire à votre peuple (sauf modérer les extravagances de votre épouse et ce fut là votre seul tort qui ne vous fut pas pardonné et qui causa votre perte, les républicains menteurs s'étant servi de votre soi-disante «trahison» envers la France avec l'aide de l'Impératrice d'Autriche votre belle-mère, que vous n'avez JAMAIS voulu mettre en pratique, ce que le peuple ignorait mais avait des raisons (injustifiées mais peut-être compréhensibles) de craindre... vous ne vouliez pas que le sang de votre peuple soit versé par des étrangers et c'est tout à votre honneur car on ne peut pas en dire autant des sanguinaires dictateurs républicains tels Robespierre qui ont par la suite déclenchée rien de moins qu'une guerre civile au nom de la soit-disante Vertu républicaine!!! Salut Public, mon oeil!!! Mais malgré tous vos efforts pour protéger les français contre eux-mêmes, Majesté, l'époque était à la révolution et à l'avènement des Républiques à tout prix depuis la Guerre d'Indépendance Américaine contre la Monarchie d'Angleterre de 1776 à laquelle ont participé très activement nombre de vos propres généraux français (encore des menteurs qui se targuaient devant vous d'être de fervents royalistes et qui étant des nobles eux-mêmes étaient au-dessus de tous soupçons à vos yeux de monarque héréditaire: je parle bien sûr ici des Lafayette et compagnie!)

Non, vraiment Votre Majesté, il était quasi impossible de sauver votre tête, quoi que vous ou l'Impératrice d'Autriche aient tenté de faire pour l'empêcher de tomber!!! Si vous aviez fui en Autriche ou ailleurs (si la fuite de Varennes avait réussi par exemple), les républicains fanatiques auraient réussi à avoir votre peau tôt ou tard, où que vous soyez!!! Votre royale tête était mise à prix, de toute façon!!!

Je regrette tellement, mon bon Roi Capet, de vous avoir fait de la peine en vous décrivant l'horreur de votre sort prochain, car je vous porte la plus grande et sincère admiration pour tout l'esprit de sacrifice dont vous avez fait preuve pour l'amour de votre peuple que, c'est bien le cas de le dire, vous aimiez à mort...

Avec toute mon admiration compatissante,

Nathalie de la lointaine Nouvelle-France

 

       
         

Louis XVI

      Mademoiselle,

Je suis sensible aux sentiments que vous me témoignez et je ne puis que déplorer, comme vous, les excès où se sont portés les factieux. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour empêcher d'en arriver à cette extrémité et je souhaite que les Français ne se laissent plus tromper bien longtemps. Il est trop tard pour moi; je me sacrifierai, j'y suis préparé, mais je crains que ma mort ne parvienne pas à apaiser les esprits, et qu'au contraire la France soit entièrement livrée à l'anarchie

Il me semble cependant que vous partagez en partie l'égarement des Français et je constate que les pamphlets qui ont sali la Reine sont parvenus jusqu'en Nouvelle-France.

Au reste, je ne crois pas que l'empereur d'Autriche ait été très prompt à vouloir envahir la France. La correspondance que j'ai entretenu avec l'empereur Léopold notamment, prouve qu'il entendait parfaitement la situation: à ma demande, il a fait disperser les émigrés rassemblés aux frontières. Si son successeur s'était montré tout aussi conciliant, il eut peut-être été possible d'éviter la guerre, quoique je doute que les membres les plus belliqueux de l'Assemblée aient pu s'en satisfaire.

Louis