Kristina
écrit à

   


Louis XVI

     
   

Les grossesses de Marie Antoinette

    Cher Roi,

Comment vous portez-vous?

J'aimerais que vous me parliez, si vous le voulez bien, des grossesses et accouchements de votre épouse. Est-elle celle qui vous annonçait ses grossesses? Quelles étaient vos réactions? La ménagiez-vous d'avantage lorsqu'elle était enceinte? La Reine était-elle effrayée lors de sa première grossesse?

Lors des accouchements, étiez-vous près d'elle? Étiez-vous angoissé? Lors de la naissance de Madame Royale, étiez-vous heureux même si elle était une fille? Auriez-vous aimé avoir d'autres enfants?

À bientôt,

Kristina

Je me porte aussi bien qu'on le peut dans ces circonstances. Vous êtes bien aimable de vous en préoccuper.

C'est la reine en effet qui m'apprenait son état. Je m'en réjouissais toujours. J'en étais si content que je redoublais sans doute de soins dans ces moments, d'autant qu'elle les redoutait beaucoup depuis la naissance de Thérèse. La reine avait alors éprouvé une sorte de malaise dans lequel elle crut perdre la vie. Dès sa naissance, j'avais suivi ma fille à qui l'on dispensait des soins dans une autre pièce, la reine était restée presque seule dans sa chambre. Un médecin vigilant nota heureusement qu'elle avait perdu connaissance et parvint à la ranimer aussitôt. Pour moi, c'est bien la joie qui l'emportait, et non la déception de ne point avoir encore un fils. La contemplation de ma fille ne me donnait que plus envie d'y travailler ardemment et je ne doutais pas que la reine me donnât bientôt un fils et, je l'espérais, bien d'autres enfants encore.

Louis


Merci beaucoup de cette réponse, Sire.
 
Selon moi, d'après les documents que j'ai lus sur vous, vous êtes le roi de France qui fut le plus proche de ses enfants. Vous les aimiez autant les uns que les autres.
 
Pour eux, vous étiez avant tout leur père et non leur roi. Ai-je raison?
 
Bien à vous,
 
Kristina


Vous avez sans doute raison, mais est-ce si différent? Être roi, c'est aussi être père.

Louis