Le dur métier de Roi... |
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| Majesté, Je suis un fervent royaliste et je vous respecte infiniment. Mais je me pose des questions sur votre caractère, sur certaines de vos actions, sur certains manques de réaction de votre part pendant la révolution. Dès le 6 octobre 1789 et le massacre de vos gardes du corps à Versailles, vous pouviez prévoir que le révolution allait s'enfoncer dans un bain de sang. Votre résidence forcée aux Tuileries faisait de vous un roi prisonnier, dès 1789, des émeutes parisiennes. Pourquoi ne pas avoir quitté Paris à ce moment là pour reprendre les choses en main et éviter que le pays ne s'enfonce dans l'anarchie? Quand on vous a empêché d'aller à St Cloud pour Pâques 1791, il ne fallait pas vous laisser faire, il fallait réagir immédiatement. La fuite de Varennes est arrivée trop tard... Ensuite la situation du pays et la vôtre n'ont cessé de se dégrader... jusqu'au 20 juin 1792 où l'ignoble populace parisienne a envahi le Palais des Tuileries pour vous forcer à signer le décret de déportation des prêtres réfractaires. Vous n'avez pas cédé... Bravo Sire!! Mais il fallait, à ce moment là, profiter du revirement de l'opinion qui commencait à se dessiner un peu partout en province en votre faveur et même sûrement à Paris, pour réagir, faire fermer le club des Jacobins (dignes ancêtres des bolcheviques): ces terroristes sanglants ne représentant qu'une infime minorité de la population, mais étant hélas les plus actifs car les plus violents et les plus démagogues... Enfin lors du dernier acte de la tragédie, le 10 août, il ne fallait pas hésiter à faire tirer sur cette racaille jacobine qui envahissait à nouveau les Tuileries: ne croyez-vous pas, Sire, qu'il faut parfois, quand on est chef d'État, savoir faire couler un peu de sang pour éviter qu'il n'en coule beaucoup un peu plus tard???? De la même manière que l'on trouve légitime de tuer un terroriste qui s'apprête à faire sauter une bombe dans un avion par exemple parce que l'on sait que c'est le seul moyen de sauver les passagers. Parfois être trop bon peut avoir des conséquences dramatiques.... En l'occurrence, il s'agissait là de sauver la France du bain de sang qu'elle va connaître ensuite avec l'instauration de la république et la Terreur qui l'accompagne... (Notons au passage l'hypocrisie de nos actuels républicains qui ont fêté le bicentenaire de 1789 mais n'ont pas osé fêter le bicentenaire de la république: 21 septembre 1792 et pour cause!!! la république est née par un coup d'État, par la violence, elle s'est maintenu par la terreur, elle a sombré ensuite dans la corruption du Directoire, pour finir par la dictature militaire de Napoléon!!! Évidemment pas de quoi être fier et de faire la fête!!!) Mais Sire, je ne veux pas vous accabler, l'imbroglio politique de l'époque révolutionnaire était affreusement compliqué, les passions les plus folles étaient déchaînées... Je vous redis tout mon amour et vous assure que malgré la «propagande» républicaine qui sévit en France (ce sont les vainqueurs qui écrivent l'histoire...) il reste de nombreux royalistes persuadés que ce régime (sous une forme parlementaire équilibrée comme la majorité des Français le souhaitaient lors de la révolution), pourrait être une bonne chose pour notre pays. Je suis de votre Majesté, le serviteur, fidèle et dévoué, Jean Paul |
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| Monsieur, Je vous remercie de votre zèle envers ma personne et vais tenter de répondre à vos questions. Aux premiers jours de notre résidence aux Tuileries, il n'y avait pas apparence que nous étions prisonniers. J'ai par ailleurs rédigé une proclamation dans laquelle j'assurais aux habitants des provinces que j'étais venu m'établir à Paris librement. Si ce geste pouvait contribuer à calmer les esprits,il me coûtait peu. Au reste, je me suis rendu par deux fois à Saint-Cloud à l'été et à l'automne de 1790 sans en avoir été empêché. La situation était bien différente en avril 1791 quand les Jacobins usèrent de mon attachement connu pour la religion de mes pères et du fait que mon voyage tombait dans la Semaine Sainte pour animer les esprits contre moi. Le Club des Cordeliers se permit même de faire afficher un arrêté dans lequel j'étais dénoncé comme réfractaire à la loi, ainsi il parvint à rassembler des séditieux pour m'empêcher de quitter les Tuileries. C'est alors que je pris la décision de partir pour Montmédy dès que possible. Je ne vous en fais pas reproche mais je constate qu'il est bien difficile de se représenter la violence de ce qui se publiait dans les journaux en 1792. C'est par ce moyen que les Jacobins assuraient leur pouvoir et intimidaient leurs adversaires or, il m'était impossible d'agir contre eux sans l'appui des Français et je fus moi-même contraint de choisir un ministère jacobin. Quant au 10 août, en vertu de la Constitution, les gardes nationales eussent refusé d'être les agresseurs et, que fût-il résulté de cette attaque? Non, croyez-moi, la fâcheuse déclaration du duc de Brunswick nous avait perdu et il ne restait plus rien à faire. On m'explique que ces avions, dont vous me parlez, sont l'aboutissement des expériences aérostatiques que j'avais encouragées, j'aimerais voir à quoi cela ressemble. Il est bien malheureux qu'une si belle invention soit utilisée aux fins que vous me dépeignez. Louis |