Le cardinal de Rohan |
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| Votre Majesté, Je vous suis extrêmement reconnaissante d'avoir bien voulu m'accorder quelques instants. Je sais combien votre temps est précieux mais ne craignez-vous pas que le peuple de France ne réagisse vivement aux conditions de misère auquel il est confronté? Le peuple a faim et froid Sire. De plus, pourriez-vous me donner quelques éclaircissements sur l'affaire impliquant le cardinal de Rohan??? Une admiratrice de votre auguste personne qui vous remercie d'avance. |
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| Madame, Je n'ai pas de plus grand souci que les malheurs du Peuple. J'ai tout fait pour le Peuple et cependant on m'accuse de tyrannie. Un tyran rapporte tout à lui-même, n'ai-je pas sans cesse tout rapporté à mon Peuple? Qui des révolutionnaires ou de moi déteste le plus la tyrannie? Quant au Cardinal de Rohan, il s'est servi du nom de la Reine, par de fausses signatures, pour prendre chez un bijoutier des diamants pour seize cent mille livres. Une intrigante qui avait gagné la confiance du Cardinal a finalement vendu ces diamants en Angleterre. Louis |
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| Sire, Je vous remercie d'avoir daigné répondre à mes questions. Toutefois, je ne puis sans vous offenser être du même avis que vous. Le peuple de France crie partout sa misère et la vente d'une petite partie des richesses que renferment le château de Versailles ou même d'une des robes ou d'un des bijoux de sa majesté votre épouse pourrait permettre de soulager un peu la misère des bonnes gens. Il vous suffirait de donner un peu de pain au peuple sire pour qu'il vous vénère à nouveau. Ce que le peuple n'accepte pas c'est de voir l'étendue de vos richesses par rapport à ce qu'il possède. N'est-ce pas votre avis??? Une admiratrice |
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| Madame, Dans le cours de mon règne, je crois avoir assez montré l'exemple de l'économie et avoir prouvé le peu d'importance que je mettais à ce qui touchait mes intérêts ou mes jouissances personnelles, je ne me suis jamais soucié que de la nécessité de la représentation du chef d'une grande nation. Cependant, vous ne semblez pas connaître la situation qui est la mienne dans ce moment. Je ne puis plus disposer de rien au Temple, pas même des menus effets et du linge dont ma famille et moi-même avons le plus pressant besoin. Dans les débuts de notre séjour au Temple, je dus avoir recours à la bourse de mon précédent serviteur, Hue, pour solder une note d'effets nécessaires au service de ma famille. Au reste, je suis véritablement inquiet du sort des personnes qui m'étaient attachées et qui n'avaient pour vivre que les appointements ou les pensions que je leur donnais. De la même façon, je souhaiterais pouvoir remercier mes conseils, Messieurs de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, des soins et des peines qu'ils se donnent pour moi, mais je suis hors d'état d'acquitter ma dette envers eux. Voyez-vous, Madame, comment pourrais-je venir en aide à mon Peuple aujourd'hui? Cela me serait une grande joie puisque je n'ai jamais eu de plus grand plaisir que de pouvoir donner à ceux qui en avaient besoin. Louis |