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Louis XVI

     
   

Le bon peuple

    Bonjour Majesté,

Vous dites aimer le peuple mais pourtant vous n'avez fait aucune amélioration de son sort; certes vous avez tenté de timides réformes, mais en somme cela n'a abouti à rien. Chaque fois qu'un de vos ministres essayait de réformer l'économie, vous le congédiez. Est-ce cela vouloir le bonheur de votre peuple? Pour ma part, je ne vois pas! Pour moi vous êtes un roi faible, vous êtes sous l'influence de votre épouse qui gaspille le trésor de l'État à son gré pour le bon plaisir de ses courtisans. Elle fait énormément de fêtes au frais du peuple pendant que celui-ci se meurt, et vous pendant ce temps que faisiez-vous? Vous chassiez, vous vous occupiez de vos loisirs.

Je suis dans le regret de vous faire part de mon mépris pour vous, pour l’homme que vous êtes; je serai compatissante quant à votre sort, mais le Roi, je trouve que le sort qu'on vous a réservé est mérité.

Voilà mes pensées,

Une Girondine en révolte

Mademoiselle Bart



Mademoiselle,

Sçaurez-vous me dire qui aime le peuple si cela n'est pas mon cas ? Avez-vous songé que si des reformes ne furent point poursuivies, c'était dans l'interest mesme du peuple ? Pouvez-vous croire sincerement que je donne l'avantage à mon delassement quand j'ay renoncé à la chasse depuis bien longtems ?

Et vos amis de la Gironde passent pour m'être favorables, cela est insensé ! Mais il est vray que vous ne m'accusez que de ne point avoir aimé le peuple, à d'autres le soin de me reprocher d'avoir fait verser son sang.

Louis