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Gerard.Lison@RVPONP.FGOV.BE |
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La Révolution |
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| Majesté, C'est avec émotion que j'écris au Roi de France qui a si courageusement soutenu la Guerre d'Indépendance en Amérique contre l'Angleterre et permis aux USA (États-Unis d'Amérique) de naître. Il est une cruelle ironie du destin qu'un homme qui a favorisé la révolution contre une monarchie dans un pays, soit victime d'une révolution dans le sien. Sire, ne pensez-vous pas que vous auriez dû, alors qu'il en était encore temps, écraser cette révolution française dans l'oeuf? L'armée française est la meilleure d'Europe de votre époque et une action d'encerclement et d'étranglement correctement menée par des sujets loyaux à la Couronne aurait permis d'éviter à la France les horreurs de la guerre civile, entre royalistes (Chouans) et troupes de la révolution. Vous auriez pu apporter à la France, une fois rendue à votre contrôle, une monarchie constitutionnelle grâce à une Constitution Libérale. Votre pire erreur en politique ne fut-elle pas votre manque de contrôle de l'armée, ou plutôt, votre faiblesse à user du recours à sa force contre votre ennemi intérieur? Mademoiselle, A dire vrai, je n'ai aucunement favorisé quelque révolution que ce soit et, si elle a eu lieu, elle est d'abord le fait des insurgents. C'est le danger que couraient nos colonies au cas où l'Angleterre posterait des troupes un long moment en Amérique, qui a déterminé notre intervention. Au reste, j'eus toujours le souci de ménager la cour d'Angleterre et je me réjouis aujourd'hui que la bienveillance du Roi George III procure un asile dans son royaume aux prêtres menacés en France. Quant à la Révolution, mes peuples attendaient beaucoup de la réunion des États-Généraux. Ils y avaient placé leur espoir, comme plus tard ils n'eurent plus d'autre espoir que dans la Constitution. On ne gouverne pas une nation contre sa volonté. J'avais voulu ces États-Généraux, il n'était pas question que je revinsse sur ma décision. Je m'efforçai alors simplement de veiller à ce qu'ils se déroulassent dans les meilleures conditions, puis de hâter leurs travaux quand il fut avéré qu'ils n'avançaient guère. Vous savez les bruits qui ont couru quand j'ai rassemblé des troupes pour remédier à l'agitation qui troublait la tenue des États. On m'accusa de vouloir les tourner contre les députés. Si tel avait été le cas, croyez-vous que j'eusse alors trouvé un appui auprès de mes peuples? Cette guerre civile que vous décrivez, je suis le premier à la déplorer. Mais en agissant de la manière que vous m'évoquez, je n'aurais fait que l'allumer plus tôt encore. Je sais fort bien qu'il peut être difficile de se représenter une telle situation quand on ne l'a pas vécue. Dans mon entourage même, on ne s'imaginait pas quelle pouvait être ma position. J'ai appris qu'il est des situations où toutes les hypothèses qui se présentent s'avèrent aussi mauvaises l'une que l'autre et qu'il n'est plus alors d'autre recours que d'attendre que l'orage passe, en s'attachant à sauver ce qui peut l'être pour n'avoir rien à se reprocher. Louis Majesté, Je remercie Votre Excellence de sa très sincère réponse qui dénote un esprit foncièrement honnête et bon. Car, sachez-le, beaucoup auraient plastronné du mérite d'avoir libéré l'Amérique de sa servitude envers le pouvoir anglais. Beaucoup d'Américains restent reconnaissants de votre apport à leur cause. Pour ce qui est de l'option militaire contre les révolutionnaires, j'ose avoir la naïve prétention de maintenir qu'écraser dans le sang la Révolution dès le 14/7/1789, grâce à l'appui de troupes fidèles, aurait détruit quelques centaines de vies, mais aurait certainement conservé à la France tant son unité autour de son Roi que sa place de puissance européenne et aurait préservé tant la survie de la monarchie que celle des milliers d'innocents que la Terreur ainsi que la guerre civile ont fait périr de façon misérable. Il fallait frapper, frapper vite et frapper fort pour réaffirmer votre pleine autorité contre ces traîtres! Votre Majesté ne comprend-elle donc pas que ces révolutionnaires sont des voyous qui ont confisqué un idéal de liberté pour leur propre bénéfice et qui prennent en otage la France pour expérimenter leur pouvoir personnel? Enfin maintenant, c'est trop tard, je prie pour votre salut! |
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