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Linda |
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Habiter un château |
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| Cher Louis XVI, Bonjour, Je m’appelle Linda, j’ai douze ans et demi, je suis en quatrième, je suis née le 3 décembre 1994 à onze heures. Je suis Sagittaire, j’ai des cheveux châtain foncé, je ne suis ni trop grande ni trop petite et je vous ai choisi car je ne connaissais que vous et que vous étiez réel comparé aux personnages de fiction, de dessins animés. De plus, en Histoire, nous ne parlons que de vous. Comme cela, je saurai plus de choses sur vous! J’ai aussi quelques questions à vous poser: - qu’est ce que cela fait d’être roi, d’être célèbre et de voir plein de gens autour de soi qui vous acclament? - qu’est-ce que cela fait d’avoir des gardes autour de soi et d’habiter dans un château? - qu’est-ce que cela fait d’être connu depuis si longtemps? Moi, je voudrais bien être célèbre avec des gardes autour de moi qui me protègent et habiter dans un château, être connue dans le monde entier, être reine… Comme vous. Avec mes sincères salutations, Au revoir, Linda Agoudjil Bonjour Linda, C’est très aimable à vous de m’avoir choisi, je vais m’efforcer de vous répondre le mieux possible. Je dirais aujourd’hui qu’il faut, pour être roi, avoir le goût de la solitude. Vous ne pouvez en effet jamais entretenir de relations ordinaires avec ceux qui vous entourent. C’est toujours à vous d’engager la conversation et de la faire porter sur des sujets insignifiants ou qui ne peuvent, du moins, avoir d’implication politique. Au reste, vous ne rencontrez, le plus souvent, que des solliciteurs. Vous êtes seul sans cesse et cependant vous vivez presque constamment sous le regard d’autrui. Les châteaux auxquels vous pensez furent édifiés pour cette vie de cour qui repose sur la personne du roi et qui vous contraint à être sans cesse en représentation. Vous êtes heureux de pouvoir voler quelques moments pour vous-même et c’est pourquoi j’attachais à la chasse tant d’importance. Vous êtes amené à prendre, chaque jour, des décisions qui pèseront sur des millions de sujets et dont vous devrez porter la responsabilité. Il est vrai que c’est alors un dédommagement que d’entendre sur son passage des cris sincères de «Vive le roi !», mais c’est une satisfaction bien fragile. Aussi, Mademoiselle, je crains bien que le tableau que je viens de dresser vous déçoive fort. Il est pourtant, pour moi, l’exact reflet de cette triste réalité. Louis |
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