Sylvie
écrit à

   


Louis XVI

     
   

Et si vous aviez réussi à fuir après Varennes

    Votre Majesté,

Si la fuite à Varennes avait réussi et si vous aviez pu rejoindre les troupes fidèles sur la route, peut-être que tout aurait changé en peu de temps; jamais la République n'aurait triomphé et vous seriez encore le roi de France.

Il aurait fallu que vous écoutiez vos conseillers et les avis de madame Élisabeth pour parvenir à la réalisation de vos projets. De plus, se voyant trompé ainsi par les révolutionnaires, le peuple se serait soulevé et vous aurait demandé de l'aider à retrouver la paix, la sécurité et la liberté.

Pourquoi n'avez-vous pas eu assez de franchise pour obliger la troupe à disperser les manifestants et à rejoindre vos frères les comtes de Provence et d'Artois en exil en Belgique, puis dans la foulée en Angleterre? Vous auriez pu reconstituer ainsi une armée avec un objectif bien précis: préparer un débarquement sur les côtes de Normandie et je peux vous dire l'endroit (entre Arromanches et Isigny-sur-Mer) voire peut-être la pointe du Hoc... En tous cas, il aurait réussi. La côte du Calvados peut se préparer pour l'invasion et avec cette armée composée de soldats fidèles et de paysans hostiles à la révolution, vous auriez pu participer à la reconquête du pays.

Je peux vous donner tous les codes pour organiser le débarquement et les moyens. Je sais parfaitement où sont les points faibles des révolutionnaires, car ils en ont.

La fuite à Varennes a été un fiasco pour vous et votre famille, et si au lieu de prendre la route de l'est, vous étiez parti vers l'ouest, toutes les données du problème changeaient la face de l'Histoire de France. Vous seriez encore sur le trône et non enfermé à la prison du Temple.

Que pensez-vous de mon plan?

Une fuite vers la Belgique puis un embarquement à destination de l'Angleterre vous sauvait la vie et celle des vôtres. J'ignore l'issue de votre procès et j'espère qu'on vous laissera la vie sauve... Si le contraire se produit, laissez-moi organiser cette évasion cruciale vers l'Angleterre...

Il y a des résistants favorables à votre cause, ne l'oubliez pas.

Nous sommes avec vous.

Je vous embrasse.

Sylvie


Madame,

Que savez-vous de la situation qui fut la mienne à ce moment? Rien, semble-t-il.

Il ne s'agissait point tant de réussir à gagner Montmédy que de s'allier l'esprit de la population. Ce qui s'est passé à Varennes a bien montré que les Français n'attendaient rien d'autre que l'achèvement de la Constitution dont ils espéraient qu'elle mettrait fin à tous leurs maux. Sans doute se berçaient-ils d'illusions mais on ne gouverne pas contre l'esprit dominant.

Comment pouvez-vous prétendre me venir en aide quand vous supposez que j'eusse pu trouver refuge à l'étranger? C'est bien ce dont mes ennemis n'ont point cessé de m'accuser mais il eut fallu être parfaitement insensé pour accepter cela. Un Roi, Madame, n'abandonne point son royaume.

Madame, vous ne connaissez rien à la politique, cessez donc de m'accabler de vos projets toujours plus inconsidérés.

Louis