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Louis XVI

     
   

Étonnements

   

Majesté,

Étonnements oui, car la lecture des courriers qui vous sont envoyés m'inspirent ce sentiment. Nous ne sommes donc toujours pas sorti des désastres de la Révolution, et  les courriers que vous recevez sont le reflet soit de l'ignorance historique la plus simpliste, ou la plus naïve, quand elle n'est pas celle distillée par la désinformation caractéristique de l'enseignement républicain, particulièrement virulent à votre égard. Certains courriers m'inspirent beaucoup de tristesse, d'autres dont la violence de ton n'a d'égale que celle des plus affreux libelles que vous avez pu connaître, le plus profond dégoût. Voilà donc des hommes qui proclament haut et fort que la civilisation française a commencé en 1789 et qui n'ont pas pas le simple respect de la personne, même si celui-ci représente pour eux l'antithèse de leur pensée.

 J'aimerais, Sire, que vous puissiez m'éclairer sur un édit que vous avez pris en août 1779, portant sur l'annulation des droits féodaux, tout au moins dans la limite je vous cite «mais nos finances ne nous permettant pas de racheter ces droits des mains des seigneurs... nous pouvons cependant effectuer une partie du bien que nous avions en vue en abolissant le droit de servitude non seulement dans tous les domaines en nos mains, mais encore dans tous ceux engagés par nous...» Où donc est le monarque absolu qui d'un coup de plume faisait et défaisait les lois que nous décrit l'histoire revue et corrigée par Jules Ferry, le plus raciste des ministres que nous n'ayons jamais eu?

À cet égard, vous avez soutenu la société philanthropique créée par les ducs de la Rochefoucauld et Noailles visant à la libération des noirs et à la suppression de l'esclavage dont votre aïeul Louis XIII disait que cela était la honte de son royaume, vous avez aussi accordé la liberté de culte aux protestants, dont des membres de ma famille.

Il faut d'ailleurs souligner qu'aucun député protestant n'a voté votre mort, ce qui n'a pas été le cas du clergé catholique réfractaire et abjureur.

Veuillez croire,  Majesté, à ma très profonde admiration, à mon plus profond dévouement et à l'espoir très vif de revoir un jour votre famille sur le trône de France dans le respect de notre Histoire, la Révolution Française dans ce qu'elle a pu connaître de généreux en faisant intégralement partie.

Votre très dévoué

Reigner


Monsieur,

Je n'ai eu hélas que trop peu de temps à consacrer à la
Société des amis des Noirs que vous évoquez, aussi je ne saurais prétendre avoir encouragé leurs travaux. Je serais heureux d'apprendre cependant comment ils se sont poursuivis.

Pour ce qui est des protestants, il est probable qu'ils se sont réjouis de l'édit de 1787 mais je doute fort que tous se manifestent aujourd'hui en ma faveur. Du reste, les Français souffrent trop des guerres intestines pour que je veuille réveiller d'anciennes querelles.

Louis