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Sire,
Veuillez me pardonner mon audace,
mais une question m'est venue à l'esprit, concernant Louise de la Baume
Le Blanc, Duchesse de la Vallière: l'avez-vous vraiment aimée autant
qu'elle vous a aimé, ou était-ce bien un prétexte pour évacuer les
bruits courant sur votre relation avec Madame, Henriette d'Angleterre?
Aussi
j'aurais une autre question au sujet de Louise de la Vallière et
d'Athénais de la Rochechouart, marquise de Montespan: vous avez fait un
choix entre elles deux: le regrettez-vous en vous apercevant qu'elle a
abusé de son pouvoir et surtout du vôtre?
Certes, je l'avoue, je vous pose des questions très personnelles, mais je voulais satisfaire ma curiosité.
Avec les salutations les plus distinguées, Sire,
Hélène
Madame,
Pendant l’espace d’un bref instant, au tout desbut, je
pensay utiliser Mademoiselle de La Vallière comme le prétexte que vous
mentionnez. Mais je fus si touché par ses propres sentiments que mon
cœur ne balança point longtems. J’en oubliay Madame et nos manigances,
ce qui d’ailleurs estoit beaucoup mieux ainsy. Ne doutez point de mes
sentiments pour Mademoiselle de La Vallière car ils furent bien réels.
Par contre, sur le sujet de Madame de Montespan, je me dois de
vous corriger. Je n’ay fait aucun choix entre Mademoiselle de La
Vallière et Madame de Montespan. J’ay longtems refusé les demandes de
la premiesre de se retirer dans un couvent. J’ay finalement accédé à sa
demande, mais cela ne peut estre considéré comme un choix. D’ailleurs,
nos relations estoient alors déjà terminées depuis longtems, mais je
tenois encore à elle, comme mère de mes enfans et j’aurois préféré
qu’elle reste avec eux. Mais entre Dieu et moy et ses enfans, son choix
estoit fait et je ne pouvoit l’en destourner.
Je ne vois point ce que vous voulez dire par ce que vous escrivez, sur l’abus de pouvoir. Cela ne fut jamais.
N’hésitez point à m’escrire de nouveau si vous le souhaitez,
Louis
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