| | | Votre Majesté,
Tout d’abord bonjour, je me présente: je m’appelle Julien
et ma très grande passion est l’histoire des Rois de France et notamment votre
histoire. Dans le siècle où je vis, vous êtes resté dans les mémoires comme le
plus grand Roi du Monde. De nombreuses œuvres ont décrit votre
vie.
J’aurais, Sire, quelques questions à vous poser:
1. Comment
avez-vous ressenti la contestation de l’autorité royale par les Grands du
Royaume lors de la Fronde de 1650?
2. Quel élément (ou y en a-t-il plus
d'un?) a poussé Votre Majesté à prendre subitement le pouvoir et à annoncer que
vous gouverneriez seul sans l’aide de vos Ministres, eux qui n’avaient qu’un
rôle de conseillers?
3. J'aurais aimé savoir quel bilan vous faites de
votre règne? (Les moments forts...)
4. Pouvez-vous, Sire, me parler de la
Cour de Versailles? (sa vie, ses divertissements...)
Pour mes prochaines
vacances, j’ai décidé de consacrer une semaine de visite à votre merveilleuse
demeure qu’est le château de Versailles. Je le trouve magnifique, toutes ces
peintures, ces dorures et ces jardins... Tout est magnifique. Je vous en
remercie.
Dans l'attente de votre réponse, avec tout mon
respect.
Julien
Monsieur,
Il me fait grand plaisir de pouvoir respondre à vos questions
ainsi qu’à celles de vos contemporains. Je respondray à vos questions dans
l’ordre que vous me les avez posées.
Toute contestation de l’autorité
royale est inacceptable et ne doit pas estre. Bien que j’estois assez jeune au
moment de la Fronde, j’en garde des souvenirs très vifs. Bien que les régences
soient, la plupart du tems, des périodes difficiles pour le pouvoir, puisque
celuy-ci est affaibli par le fait de la minorité du Roy, à l’espoque, dans ma
jeunesse et mon ignorance du monde, je ressentis très durement les actions des
Grands contre mon autorité et celle de la Régente, ma mère, et de mon Premier
ministre, le cardinal Mazarin. Cela me permit en outre de comprendre rapidement
la politique et le gouvernement d’un estat.
Pour vostre deuxiesme
question, je vous respondray que, bien qu’ayant le plus grand respect pour les
accomplissements de mon Premier ministre le cardinal Mazarin, il y avoit déjà
longtems que m’habitoit mon désir de gouverner moi-mesme mon royaume. Cela parut
peut-estre subit, dû à la mort du cardinal, mais je vous asseure que cela estoit
une décision mûrement réfléchie.
Il est vray que mon grand asge porte
aux bilans, mais si je peux vous souligner les réalisations dont je suis le plus
fier, sachez que mon règne n’estant point terminé, la response ne peut estre
définitive. Malgré que j’ay sans doute trop aimé la guerre, je crois qu'elles ne
furent pas menées en vain et que les résultats pour le royaume furent assez
positifs. Le royaume est agrandi, ses frontières sont mieux protégées et il n’y
a plus à craindre de l’Espagne, comme cela estoit encore le cas au moment de ma
naissance. L’unité religieuse du royaume a aussi esté restaurée et vous me voyez
particulièrement fier de cette réalisation. Mais il reste encore moult choses à
accomplir et que j’espère avoir le tems d’apporter au royaume, si Dieu me
l’accorde. Et si tel n’est pas sa volonté, je ne doute point que mon successeur
fasse luy aussi de grandes choses.
En ce qui concerne la Cour, j’ay eu
l’occasion d’en traiter à plusieurs reprises avec vos contemporains et l’ont
m’asseure que vous pouvez lire cette correspondance. S’il vous vient des
questions plus précises suite à ces lectures, n’hésitez point à m’escrire de
nouveau.
Vous me voyez heureux de constater que Versailles est encore
ouvert à tous les sujets de la France.
Louis
Votre Majesté,
Je vous remercie de m'accorder, ainsi qu'à mes
contemporains, un peu de votre précieux temps.
J'aurais encore des
questions à vous poser:
1. Quelles ont été vos relations avec Louise de
La Vallière, duchesse de...?
2. Pourquoi avez-vous révoqué l'Édit de
Nantes en 1695, signé par votre grand-père Henri IV?
3. J'aimerais bien
savoir en quoi consiste l'éducation du futur Roi? Et que pensez-vous de votre
arrière-petit-fils devenu Louis XV?
Merci Sire, avec tous mes
respects,
Julien
Monsieur,
Je me dois de vous avouer que la lecture de vostre première
question m'a fort amusé. Il ne m'est encore jamais arrivé, depuis que je respons
aux questions de vos contemporains, que l'on me demande qu'elles estoient mes
relations avec Mademoiselle de La Vallière. Le moins que l'on puisse dire est
que l'on a plutost l'habitude de ne point passer par quatre chemins sur ce
sujet!
Que puis-je dire sinon que Mademoiselle de La Vallière fut la
mère de mes enfans? Cela vous explique nos relations et son importance à mes
yeux, bien que son entrée en religion me privast de sa présence et qu'elle nous
ait maintenant quittés depuis plusieurs années.
Pour votre deuxième
question, je me dois d'abord d'apporter une petite correction: l'Edict de
Fontainebleau, qui revoquoit celuy de Nantes, a esté promulgué en 1685 et non
point en 1695. Par ailleurs, il m'est arrivé de respondre à cette mesme question
à plusieurs reprises, celle-cy ayant esté posée par vos contemporains. L'on
m'asseure que vous pouvez consulter cette correspondance, à laquelle je vous
refereray donc.
L'éducation d'un futur Roy demande beaucoup de soins.
Cela est particulièrement important à mes yeux puisque ma propre éducation dut
estre négligée à cause des troubles qui régnoient alors dans le royaume. Un Roy
doit apprendre le plus de choses possible dans tous les domaines: politique,
logique, musique et danse, art de la guerre, religion et j'en passe. L'éducation
d'un futur Roy doit donc estre confiée à des hommes de confiance, lorsqu'est
venu le moment de passer aux hommes, c'est-à-dire lorsque l'enfant atteint l'age
de 7 ans et qu'il quitte le monde des femmes pour celuy des hommes. Et pour
respondre à vostre dernière question, j'ay confiance que mon arrière-petit-fils,
le Dauphin, sera un grand Roy.
Louis
Votre Majesté,
Merci pour ces nouvelles présicions. Il m'est venu une
autre question sur votre passage en Alsace: j'habite dans une petite ville du
nom de Sainte Marie aux Mines où vous avez soit disant passer une nuit et où
vous avez ordonné la construction de l'église Saint Louis. Un membre de ma
famille a acheté une maison, ancien relais, à Echery, c'est dans cette maison
que vous auriez passé une nuit. J'aurais aimé savoir si cet événement est vrai
et dans quelle circonstance vous êtes venu dans cette petite ville. (Je ne sais
si le nom de ma ville était la même qu'à votre époque)
Dans l'attente de
votre réponse. Avec tous mes respects.
Julien
Monsieur,
Je croy comprendre que vous me parlez de
Sainte-Marie-Alsace. J’y ay en effet ordonné la construction d’une église, cet
endroit en avoit bien besoin, puisque la RPR y occupoit une place importante,
même après avoir été rattaché à la France depuis bien longtems.
Si
je ne pourrois vous confirmer avec certitude y avoir passé une nuit (cela fait
déjà bien longtems!), je peux cependant vous dire que cela est bien possible,
puisque j’ai souvenance de cette ville située sur la frontière avec la Lorraine,
et où je passay durant la guerre avec la Hollande, dans les années 1670.
Louis
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