Nicole
écrit à

Louis XIV
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Majesté, Madame, L’on me dit qu’à vostre espoque, l’on parle de «premier ministre», mais à la mienne, il est question de «principal ministre» et non point de «premier ministre». Ce point estant éclairci, j’ay fait part de mon désir de régner seul immédiatement après la mort du cardinal Mazarin. Ceux qui ont pu espérer me voir faillir ou changer d’idée, ont dû bien vite deschanter. Je peux aussi vous assurer qu’il est faux de dire que feu le cardinal Mazarin ne m’a que peu instruit des affaires d’Estat. Si j’ay laissé mon parrain en charge de mes affaires si longtems, cela est que je le voulois bien. Aussy, connoissois-je bien mes affaires lorsque je les pris moi-mesme en main pour de bon. En mars 1661, l’arrestation de Nicolas Foucquet n’estoit point encore une chose décidée ou prévue. Cependant, il me paroissoit bien évident que je me devois de bien reprendre en main mes affaires en prenant moi-mesme en charge les conseils, dont le conseil des Finances. Dans les mois qui suivirent la mort du Cardinal, j’appris à mieux connoistre Foucquet et fus mit au courant de ses agissements. Son arrestation, lorsqu’elle fut décidée, mit un terme à cela et ne fit que confirmer la bonne décision que j’avois prise de moi-mesme m’occuper des mes affaires. Quant à l’anecdote que vous me demandez, je puis vous dire que tous mes plats estoient goustés avant que l’on me les serve. S’il y avoit eu du poison sur les plats, sans doute se seroit-il retrouver dans ma nourriture. C’estoit donc là le rosle des gousteurs. J’espère, Madame, avoir le plaisir de vous lire à nouveau. Louis |