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Très Chère Majesté,
C'est un immense honneur pour moi de vous écrire, étant
sans doute une de vos admiratrices les plus fidèles. Je me
réjouis toutefois de n'avoir pas vécu à votre
époque, car même si votre Royale Grandeur eut
daigné poser les yeux sur ma personne et les y arrêter, ce
dont je doute fort car je ne suis pas d'un rang assez
élevé, son intérêt pour moi n'aurait pu
durer que quelques mois, ou tout au plus quelques années, comme
ce fut le cas pour mademoiselle de La Vallière, par exemple.
Comme elle, je ne me fusse point remise de votre abandon et j'eusse
probablement terminé ma vie dans un couvent, bien résolue
à n'aimer jamais personne d'autre que vous.
Cette protestation de mon admiration n'est pourtant point le but
premier de ma missive et je poursuis donc immédiatement avec
une question qui pourra peut-être vous sembler étrange. Ma
grand-mère me parla un jour d'un de ses ancêtres (et donc
un des miens), qui aurait peut-être fait partie de votre royale
lignée. Ce digne gentilhomme fut un nommé
«D'amours» et, selon la généalogie que mon
aïeule m'a montrée, il s'agirait d'un descendant d'un de
vos fils, légitimes ou non, ou encore d'un des enfants de votre
frère Philippe. Je vous serais infiniment reconnaissante de bien
vouloir m'éclairer à ce sujet, étant donné
que la documentation à laquelle j'ai eu accès
était malheureusement incomplète.
Je vous remercie à l'avance de l'intérêt que vous
porterez à ma requête.
Votre dévouée,
Marie-Claude
Madame,
Il me fait grand plaisir de recevoir vostre missive. Cependant, je
crains ne pouvoir vous aider sur le sujet dont vous me parlez. Je ne
connois point ce desnommé D’amours dont il est question dans
vostre lettre.
Je vous asseure, Madame, que mes yeux regardent tous mes sujets avec le
mesme interest, quel que soit leur rang.
Je vous donne le bonjour et vous souhaite la meilleure des chances dans
vostre queste,
Louis
Chère Majesté,
Je vous remercie infiniment de votre courtoisie à me
répondre si promptement. J'ai eu plaisir à vous lire,
même si vous n'avez pu éclairer mes recherches. Je
m'intéresse depuis longtemps à votre époque, qui
sait, j'aurais peut-être encore recours à vous.
Merci encore.
Marie-Claude
Madame,
Je vous asseure que tout le plaisir est pour moy.
Louis
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