Béatrice
écrit à

Louis XIV
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Votre Grâce, Madame, Je suis ravi d’avoir le plaisir de vous lire. Vous appelez donc ma façon de gouverner «monarchie absolue»? Cela est un terme qui n’existe de point de mon tems. À vingt-trois ans, j’estois déjà roy depuis presque vingt ans... Il estoit tems, à la mort du cardinal Mazarin, que je prenne moy-mesme en main les affaires de mon royaume. Personne ne peut estre roy à la place du roy. Et le roy est choisi par Dieu. Cette seule connaissance suffit, je le crois, à donner le courage nécessaire pour ces actions. Je savois que ne pas avoir de principal ministre alloit choquer certains de mes sujets, car cela ne s’estoit point vu sous les règnes précédents. Mais personne d’autre que le roy n’est aussy éclairé pour prendre les décisions sur ses affaires. Je ne vous dis point que cela fut toujours facile. Le mestier de roy comporte des hauts et des bas. Mais cela est aynsy et je crois que ce mestier est le plus beau mestier du monde. Je ne suis pas oisif de nature et ne l’ai jamais esté. L’oisiveté ne m’a jamais attiré. Je garde de la feue reyne Marie-Thérèse de bons souvenirs. Sans doute n’estoit-elle point la femme qui auroit su me combler, mais j’ay toujours eu beaucoup d’amitié pour elle. J’espère avoir le plaisir de vous lire de nouveau, Louis |