Bienvenue, l'ancêtre
       
       
         
         

mruiz@laurus.fr

      Chère Lucie,

Avant tout bienvenue, pour une nouvelle ça c'est une nouvelle!

Même si tu es en passe de perdre ton statut de doyenne de l'humanité, tu n'en es pas moins vivante sur la toile... Alors je me fais un plaisir de pouvoir rétablir le contact à travers les âges.

Ma question est simple, régulièrement assailli par la honte d'être "sapiens" à travers nos démonstrations d'hostilités envers son prochain, je me demandais si pour toi et les tiens l'homme était aussi un loup pour l'homme? ou si comme on a pu théoriser, vous aviez recours plus par goût que par nécessité...

Dans l'attente,

Cannibal Smith

 

       
         

Lucy

      Cher Cannibal,

Mon époque est rude, c'est un fait. Cela présente au moins l'avantage de nous rendre très solidaires, beaucoup plus que vous ne l'êtes, vous et vos ancêtres plus proches... Nous ne sommes donc pas des fauves les uns pour les autres, parce qu'en matière de fauves, nous sommes déjà servis, merci. En revanche, il est clair que quand l'un de nous cesse de vivre, il est prié de rester solidaire jusqu'au bout! D'ailleurs, qui songerait à laisser se perdre une carcasse de pré-homo, à la donner en pâture aux carnassiers de métier alors que nos propres enfants crient de faim? Je te prie de croire que personne ne fait de chichi...

Nous sommes organisés en communauté parce que c'est notre seule chance. Chez nous, personne n'est inutile, la vieillesse n'existe pas! Quand l'un de nous s'allonge et meurt, il cesse simplement d'exister et nous ne faisons pas de lien particulier entre le rôle qu'il tenait parmi nous et la carcasse qui nous reste sur les bras.

Lorsque nous mangeons un mort, nous ne faisons que nous nourrir. Le cannibalisme n'existe pas car nous ne savons pas ce que c'est et elle est bizarre, ta question.

Vous êtes un peu vicieux vous, les Sapiens...

Lucy