| |
|
Chère Lolita,
J'ai lu, dans plusieur traductions,
le livre qui t'est consacré. Certaines choses m'intriguent: je sais
qu'Humbert s'est mal comporté envers toi, mais tu dois savoir qu'en même
temps, il t'aimait passionnément. Peut-être que si tu étais retournée
auprès de lui, il t'aurait aimée en tant que femme, et non plus en tant
que nymphette, comme il disait. N'est-ce-pas ce qu'il a affirmé,
d'ailleurs,vers la fin de son ouvrage? Il aurait pu être guéri, grâce à
toi, de son goût «pervers», et apprendre à aimer une vraie femme, toi en
l'occurrence, tout en t'adorant autant qu'avant. N'aurait-il pas alors
été un compagnon aussi respectueux, mais plus aimant, que ton jeune
mari? Y as-tu parfois pensé?
Blandine
Allô Blandine,
WOW! C'est pas tous les jours que je lis une
lettre comme la tienne! Humbert n'a pas été correct envers moi, c'est
vrai. C'est chouette que quelqu'un le reconnaisse. D'habitude, c'est
plutôt moi qu'on traite de petite agace (dans ces mots-là ou dans
d'autres, mais tu sais, moi, je suis «vulgaire»).
Qu'il m'ait
aimée? Peut-être. Mais pour moi, il reste un père. Je ne me verrais pas
passer toute ma vie avec mon père! Je ne suis pas là pour guérir les
gens, moi! J'voulais être une star, pas une psy! Respecteux, aimant...
c'est Dick tout craché, ça! Humbert était plutôt contrôlant et égoïste,
si tu veux tout savoir. Me donnait de l'argent pour mes «faveurs», me le
reprenait après. Pas sûre que ce soit ça, la définition d'un gars
respectueux et aimant.
Meilleure chance la prochaine fois,
Dolly |