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 Une jeune fille tourmentée
écrit à

Lilith

Un côté sombre...


   

Bonjour, très chère Lilith, si vous êtes vraiment celle que vous vous prétendez être... Désolée pour cette accusation mais de nos jours, il est tellement facile de prétendre être une personne que nous sommes pas vraiment, et cela sur internet... Surtout quand on prétend être Lilith, la première femme qui a été créée sur Terre, mère de toutes les créatures de la nuit... Alors il est tout naturel que je me méfie un peu et j'espère que vous comprendrez cette méfiance. Mais qui suis-je, moi, pour vous juger? Bref, si vous êtes vraiment Lilith, peut-être que vous pourriez m'aider.

Je ne sais pas si vous pouvez oui ou non sentir ma foi pour le Seigneur à travers ces lignes ou bien à travers moi, mais bref: je crois en Lui. Contrairement à d'autres catholiques, j'ai un esprit beaucoup plus ouvert quand il est question du bien et du mal. Vous avez décidé de la façon de vivre votre vie et je respecte cela. Mais je reste tant bien que mal une fervente croyante, alors qu'est-ce qui me pousse à vous écrire? La curiosité. Voyez-vous, je souffre d'un mal, si on peut appeler ça comme ça, et j'ai fait plusieurs recherches qui n'ont rien donné. Puis je suis tombée par hasard sur votre site internet, alors je me suis dit que je n'avais rien à perdre.

Depuis que j'ai treize, quatorze ans, un côté très sombre est apparu en moi. Un côté très noir, diabolique, pervers -ce qui me surprend un peu car j'ai toujours été une enfant douce, calme, rêveuse et avec une très grande joie de vivre. Je suis toujours ainsi mais plusieurs fois il m'est arrivé d'être prise d'assaut par des pensées obscures, meurtrières, perverses. Une voix me disait de faire des choses horrible à des personnes. Bien sûr, après cela j'ai eu d'autres « symptômes », si on peut appeler ça comme ça. Mon obsession pour les choses morbides et obscures s'est agrandie. Mon intuition s'est développée.Je pouvais savoir ce qu'une personne allait faire, penser ou dire et pendant un temps, comment dire... j'ai commencé à agir comme un animal. Je n'avais qu'une envie: manger de la viande. Quand je m'énervais, je n'avais qu'une envie: sauter sur la personne qui m’énervait pour la mordre et la griffer. Et, mon Dieu, comme j'avais envie de me battre! Tout ce que je voulais c'était me retrouver dans mon élément, la terre, aller des heures dehors à ne rien faire, quand pendant toute ma jeunesse je détestais ça!

Un autre fait étrange: j'ai arrêté de ressentir les choses. Bien sûr, quand je trouvais une chose drôle je riais, quand je trouvais une situation énervante ça me tapait sur les nerfs, mais je peux vous dire que ça fait un petit moment que je n'ai pas vraiment ressenti quelque chose en moi. Je commence à être un peu fatiguée de faire semblant que tout va bien.

Est-ce que cela a toujours été en moi ou bien ai-je été tout simplement contaminée par ce mal? Ou ne suis-je tout simplement pas bien dans ma tête?

Au plus profond de moi j'ai toujours senti que je n'ai jamais été une enfant normale... mais à quel point?

Si vous pouviez me trouver des réponses, je vous en serais reconnaissante.


Jeune fille,

Le problème des humains est souvent de se demander s'ils sont normaux. Mais la normalité est un concept dénué de sens et très fluctuant. D'un bout à l'autre de votre petite planète, la norme varie; c'est donc qu'il n'y a pas de norme humaine. Cela étant dit, laissons de côté cette inutile question de savoir si tu es normale.

La violence que tu ressens, ce que tu qualifies d'animal, est la façon dont ton instinct et ta personnalité se manifestent, parce que tu n'as pas encore trouvé de manière de les écouter et de les exprimer. Là où chez un autre il y aura l'agacement, toi tu as envie de mordre, de frapper. Ce n'est ni mal ni bien; c'est ainsi. Et lorsqu'on se retrouve à ressentir de tels emportements, inexprimables en société, impossibles à assumer, on les étouffe... et les sensations s'estompent, petit à petit. Toutes les sensations, même celles que tu aurais aimé garder.

J'ai connu au cours des siècles des êtres habités par des sentiments extrêmes et qui les ont utilisés pour créer. Ils ont écrit des poèmes, des chansons, peint, sculpté... peu importe le moyen. Ils ont exprimé cela d'une façon qui les a comblés. Aucun chef-d'œuvre ne naît de la tiédeur.

LiLiTH 

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