Kalki
écrit à

Lilith
|
Salut Lilith,
Kalki, Me faire passer pour un homme, oui, pourquoi pas, l'ambiguïté peut être amusante, mais la barbe... allons... cela ne m'irait pas du tout. Je suis la première femme, mon cher, plus femme que votre Ève, si tu veux mon avis. Cesse donc de te torturer en m'imaginant telle que je ne suis pas, nous pouvons trouver mieux pour te faire souffrir, il me semble. Bien: jouons donc maintenant puisque c'est là ton souhait... oh, tu n'imagines pas à quel point je peux être joueuse! Et dis moi tout d'abord: pourquoi choisis-tu de me tutoyer pour ensuite passer au vouvoiement après m'avoir indiqué que tu t'étais «ré-enseigné»? Se pourrait-il que la littérature que tu as parcourue pour me connaître mieux soit un outil qui t'inciterait à marquer une distance que tu ne semblais pas souhaiter? J'espère au moins que cela ne t'a pas effrayé, cela pourrait être distrayant -mais le jeu serait trop simple. Mais abordons donc ta question. Tout d'abord, je ne suis pas la part obscure de la femme, en tous cas pas de mon point de vue. Si tu me regardes avec les yeux des hommes d'église d'autrefois, je le serai certainement. Il n'y a rien d'obscur à accepter le fait qu'on a des buts, des envies, des instincts et à refuser qu'un homme, sous le prétexte qu'il est d'un autre sexe, nous dénie ce droit. Ce que je suis n'est pas le fruit d'une évolution, j'ai été créée ainsi et je n'ai cessé d'agir selon ma nature, entière, passionnée, vive, sensible aussi. Sensible... c'est devenu une tare dans votre société qui oublie tout ce que la sensibilité a permis à l'humanité de créer. Moi je n'oublie pas. Et toi, dis-moi, toi qui choisis d'être différent en t'adressant à moi, qu'est-ce qui t'anime? Raconte-moi donc tes instants et, je t'en prie, épargne-moi les banalités, j'en ai eu plus que mon compte. LiLiTH
|