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Méphistophélès |
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Me permettrez-vous? |
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Très chère Lilith, J'ai remarqué il y a quelque temps que vous aviez décidé, tout comme moi, de vous amuser un peu en répondant aux questions de toutes ces mouches qui tournent autour de nous. J'avoue que si la chose est parfois divertissante, elle est souvent par trop décevante. Combien de missives sont signées d'une main timide et tremblante qui sait à peine qui nous sommes? Pour ma part, je ne les compte plus tellement il est triste de ne recevoir que des plaintes et des lamentations déguisées en volonté de savoir, de connaître et de comprendre. Un peu las de tout ceci, j'ai d'abord songé à me retirer dans mes appartements. Puis, remarquant votre présence, je me suis demandé si vous accepteriez que je me retire plutôt dans les vôtres, le temps de vous offrir ce qu'aucun humain ne semble capable de vous offrir. Brutaliser nos corps jusqu'à la tendresse ne saurait que nous libérer de l'ennui de ces lieux, ne trouvez-vous pas? Dans l'espoir que vous me permettrez cette célébration, j'attends votre invitation. Méphistophélès L'esprit qui toujours nie Cher Méphistophélès, Je réalise que j'ai pris un temps infini pour répondre à votre courrier, ce qui est impardonnable mais qu'importe puisque le pardon n'est pas votre sport favori, n'est-ce pas? Les millénaires m'ont enseigné la patience, comme à vous, mais je dois avouer que la lassitude me gagne. Ils sont légion ceux qui veulent recevoir sans donner, qui attendent que j'allume un feu qu'ils n'entretiendront pas. Je suis un volcan qui gronde, mon ami, emplie de passions inexprimées. Mais vous êtes là... C'est avec une mine gourmande que je réponds à votre demande. Si vous savez me mener vers le plaisir au-delà du plaisir, je serai l'autel de votre célébration, le plus extatique des autels, car mon esprit est le temple de vos fantasmes. LiLiTH Très chère, Ce consentement était prévisible, mais il n’en demeure pas moins flatteur. Je vous rejoindrai donc sous peu, en entrant bien sûr sans frapper. Aurez-vous la patience de m’attendre? C’est que j’ai ouï dire que les hommes auraient mis au point une substance capable d’empêcher leur sexe d’adopter l’état requis pour se fondre avec leur belle. Les prêtres et les moines en auraient usé pour nourrir leur appétit pour l’abstinence. Je pars demain à la recherche de ce condiment. Sachant votre beauté et conscient de vos attentes, je m’en voudrais de franchir votre porte sans en avoir préalablement usé. Vous savez comme moi que les plus grands plaisirs naissent de l’impuissance. À bientôt, Méphistophélès L’esprit qui toujours nie Sombre Ami, Les hommes cherchent habituellement la puissance et aucun n'a eu l'idée de me proposer de se rendre impuissant pour me satisfaire. Il est vrai qu'aucun homme ne dispose de millénaires d'expérience, ni de votre esprit. Usez donc de cette chimie humaine pour enrichir notre alchimie et venez à moi assuré que nous serons encore fort occupés lorsque les effets de cette substance se dissiperont. Puisque vous choisissez d'entrer sans frapper, Sombre Ami, je serai ma propre citadelle qu'il vous faudra conquérir. Retenir mes élans sera une délicieuse torture, mais je me l'infligerai pour ne vous abandonner que ce que vous aurez remporté. Je gage que nos esprits et nos corps goûteront chaque instant, attisés qu'il seront par la convoitise et l'attente. À très bientôt, LiLiTH Chère Pénombre, Je connaissais vos déceptions, de même que les envies qui en découlent, mais je ne connaissais pas votre subtilité et votre sens de la retenue. Je les découvre avec ravissement. Oui, cette rencontre sera d'abord et avant tout celle de l'attente. Une attente éternelle, d'ailleurs, car en aucun temps je ne saurais vous prendre, ce geste marquant le début d'une fin que je ne saurais souhaiter. L'attente n'est-il pas le seul sens à donner à l'existence, la vôtre comme la mienne? Je la déguste déjà, très chère, osant présumer du nectar que vous m'offrirez. Méphistophélès L'esprit qui toujours nie Sombre Esprit, L'attente, plaisir délicat des êtres dont l'existence n'est pas éphémère... Bien entendu vous ne me prendrez pas. Je pardonne aux humains ce désir, fruit de leurs instincts de domination et de reproduction, car je n'oublie pas qu'ils sont l'engeance d'Adam, mais j'attends mieux de vous. J'ose espérer que votre imagination saura élaborer mille jeux, mille caresses qui m'enflammeront plus qu'une mâle et triviale possession ne saurait le faire. Alors peut-être connaîtrez-vous le souffle chaud de mes soupirs sur votre peau, le goût salé de la mienne et tous les trésors que mes extases peuvent offrir. Dites-moi, ténébreux ami, quelle sera votre première offrande? LiLiTH Impatiente Lilith, Je vois que les humains vous auront considérablement violontée, peut-être même dénaturée. À force de vous désirer, ils vous ont manifestement programmée, si je puis dire, de manière à influer sur votre être véritable. Vous me demandez quelle sera ma première offrande? Diable! Ils vous auront même appris à quémander! Je me félicite d'avoir frappé à votre porte, ma pauvre amie. Encore quelques siècles et ils réussissaient à percer votre forteresse. Dans quel état lamentable je vous trouve... Ne vous rappelez-vous pas, très chère, cette époque où vous fouliez le sol à la recherche de plaisirs autrement moins charnels que ceux qui vous hantent depuis votre détestable rencontre avec ces chers humains? Fermez les yeux et visitez votre passé profond. N'en avez-vous aucun souvenir? Méphistophélès L'esprit qui toujours nie |
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