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Florence |
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Crois-tu en
l'homme? |
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| Parfois quelques mots, rares, sans
explication, sont une invitation à la réflexion. Voici d'ailleurs un haiku de Hokushi: Tout a brûlé heureusement, les fleurs avaient achevé de fleurir. LiLiTH |
Chère Lilith, Cette fois-ci, il n'y aura aucune provocation, ni agressivité. Je crois avoir bien changé, et c'est beaucoup grâce à toi. Ma seule question sera celle-ci: De par ta nature, crois-tu en l'Homme? Bien à toi, Florence Bonjour Florence, Quel plaisir de te lire de nouveau! Ma nature ne m'incite pas à croire; elle me pousse à douter, à toujours m'interroger. Il n'y a pas de vérité absolue. Je ne crois pas en l'homme, mais je sais qu'il n'est pas une création figée, définitive et qu'il peut évoluer. Je crois que l'homme est le champ de tous les possibles. LiLiTH Oui, moi aussi, je crois que l'Homme est le champ, le chant, de tous les possibles. Mais, douter de tout, ne reviendrait-il pas à ne douter de rien? Pardonne-moi de lancer ce genre de discussion, mais j'aime la philosophie, et je crois que tu peux m'aider à développer cette discussion. «Tout» et «rien» ne sont-ils finalement que des synonymes? Est-ce qu’on pourrait dire que plus les extrêmes sont éloignés, plus ils sont proches? Ne dit-on pas que l’amour est parfois si proche de la haine? Et du point de vue de la chaleur, quand la température d’un objet devient si brûlant qu’on peut avoir l’impression en le touchant brièvement qu’il est glacial? Et l’indifférence, ne couve-t-elle pas la passion non assumée? Je ne le sais pas. Je cherche des réponses d’après ma propre expérience, car je travaille beaucoup sur le concept de la résilience pour m’améliorer et en apprendre toujours plus sur moi et sur les autres… À te lire, mon amie. Florence Chère Florence, Il est toujours passionnant d'étudier la relation étroite qui se tisse entre les contraires. Douter de tout revient-il à ne douter de rien? Je n'en suis pas certaine, mais douter de tout permet de croire, parce que l'on sait alors que notre conviction a passé l'épreuve du doute. L'amour, la haine, la passion, l'indiférence, le chaud, le froid? L'absence d'amour n'est pas la haine, tu l'as compris. Seule l'indifférence signe la fin des sentiments, la véritable indifférence, non feinte, pas celle qu'on affiche parfois pour masquer les plus brûlantes passions... Et si je devais opposer quelque chose à la passion, Florence, ce serait la raison, celle qui amène les hommes à contrôler leurs pulsions, à raisonner leurs envies, à brider leur esprit, à discipliner leur corps, à taire les soupirs qu'ils jugent trop compliqués, à accepter une vie sans saveur mais tellement comme il faut. LiLiTH D’accord… Mais les êtres qui ne vivent aucune passion et qui passent leur vie à la raisonner sont des gens tristes et sans joie particulière. Je ne suis pas de ces gens. La passion coule en moi, et si je n’en ai pas, je ne vis pas. Tu n’as pas de leitmotiv, toi? Je viens de t’écrire un poème, pour illustrer mon propos, le voici… Passion Ravageuse et habile Elle coule dans mes veines Fougueuse, parfois puérile De ma vie elle est reine Ma tête alors tourne Tourne encore et encore Ma joie se fait sourde J’en oublie même la mort Douce musique Au refrain toujours nouveau Pouvoir mystique Qui se passe de mots Violence irraisonnée Passion toujours nouvelle Chez moi elle est innée … intemporelle… Je crois en sa force De chaleur et de feu Elle est l’écorce Et ma vie, un jeu… Florence Laisse courir, enfant, le feu de la vie Ignore tes chaînes, écoute tes envies! N'est pas vain celui qui s'abandonne Je le préfère à qui se raisonne. Offre toi un printemps de lumière, Enfante donc tes chimères, Pour qu'à l'hiver de ta vie, Tu ne souffres plus de tes envies. La passion est une offrande, Un don pour qui la transcende, La voie du paradis sur terre. Le renoncement n'est qu'enfer. LiLiTH Je ne sais que dire. C’est la première fois qu’on compose un poème de cette manière pour moi. MERCI. Passion et raison s’entremêlent On ne peut décemment les séparer Je ne jouerai pas celle Qui sait toujours les conjuguer Les douleurs de la vie Me rapprochent de la raison Tandis que mes envies Fredonnent une autre chanson Mon printemps à moi C’est le chant de mon âme Qui, malgré les désarrois Me rappelle que je suis une Femme Tu me parles à travers un poème Magie des mots transmis J’aime la sagesse que tu sèmes Sans jugement ni parti pris Florence, 24.04.2007 Florence, Ho que oui passion et raison s'entremêlent! C'est là que réside l'hiatus entre les aspirations de l'homme et ses réflexions pour les réaliser. La recherche du bonheur est une vaste fumisterie, sais-tu, parce que sa conséquence première est de t'amener à t'interroger sur la légitimité de tes envies. La raison veille! Il n'y a pas de recette miracle, pas de chemin tracé; il n'y a que la capacité de l'homme à faire fleurir son printemps. Les bourgeons sont là, Florence... LiLiTH Non en effet… Ni miracle, ni chemin tracé. Et c’est le lot de tous! Je dirai que la recherche du bonheur est inutile. Le bonheur se trouve en nous, encombré par de multiples obstacles, ombres… Il faut savoir se recentrer sur soi. C’est de cette manière qu’on pourra être heureux. Bon vent à toi chère amie! On se retrouvera certainement. Florence Nous nous retrouvons déjà... LiLiTH Ah, tiens! Je ne vois pas du tout ce que tu veux dire! Florence L'innocence te va bien aussi. LiLiTH Ok. Je ne comprends pas ce que tu veux dire. Tu pourrais être un peu plus précise, ou est-ce que les mots qui sortent de ta bouche sont trop chers pour mes modestes moyens ? Florence Parfois quelques mots, rares, sans explication, sont une invitation à la réflexion. Voici d'ailleurs un haiku de Hokushi: Tout a brûlé heureusement, les fleurs avaient achevé de fleurir. LiLiTH |
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