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Chère mère,
Faites de moi votre enfant! Faites de moi une
succube qui sera vos yeux et vos oreilles sur cette terre, je ferai ce
que vous désirez sans exception, je serai votre fille la plus grande, la
plus fidèle et la plus forte car je suis une sorcière de magie noire et
de haute magie.
Je vous offre mon âme. Je vous la donne
définitivement et je ne reprends pas ce que je donne. Je voudrais juste
que vous me donniez le pouvoir d'être une succube. Laissez-moi me vanter
d'être votre fille, ô mère qui êtes si belle, si grande et si forte. Si
vous n'acceptez pas, gardez tout de même mon âme.
Si vous n'êtes pas Lilith, alors je ferai subir à
l'imposteur qui prétend être Lilith mes tentations et mes
sorts.
Aleksandra, une future succube qui vous aime tant
Aleksandra,
L'exercice de la haute magie requiert de
l'intelligence, de la sagesse, des années d'études difficiles. Le mage
est un être qui cultive le secret, car il côtoie des vérités qui ne
sauraient être clamées. Il est fort et volontaire, car il doit être
capable de maîtriser les forces de l'univers.
Et toi qui te
prétends sorcière, praticienne de la haute magie, tu supplies de devenir
succube, étalant par là même ton ignorance car on ne devient pas
succube, on naît succube.
Plus encore, tu souhaites te vanter
d'être ma fille. Tu ne l'es pas, jeune fille, et je t'engage à relire
mes précédentes correspondances. Tu y découvriras que j'encourage mes
enfants à cultiver leur intelligence. Inutile de me flatter, inutile de
défendre mon nom, contente-toi de montrer la vivacité de ton esprit et
la force de ton âme.
LiLiTH
Chère Lilith,
Ce que je vous dis n'est pas de la flatterie, mais
plutôt la verité: je me prétends sorcière car je le suis. Quoi qu'il en
soit, cela fait quatre longues années que je vous étudie par amour et
passion pour vous. Comme j'ai toujours vécu dans le doute, permettez-moi
de douter de vous et prouvez-moi que vous êtes Lilith: où suis-je née?
De quelle origine suis-je? Quelle est la couleur de mes yeux?
Que
vous acceptiez ou non que je devienne votre fille, je continuerai à
vous vénérer et à vous étudier. Depuis que je suis petite, j'aime ce que
les abrutis ont pour habitude d'appeler le mal; or, pour moi, ce n'est
pas le mal mais la liberté, la vraie, celle qui doit toujours être en
nous.
Aleksandra
Je t'ai donné une chance de comprendre le vrai chemin et tu choisis de
t'embourber. Relis mon précédent message et tu comprendras, si tu as un
sou de cervelle, que je n'ai rien à te prouver et que tu as tout à me
démontrer.
Inutile de m'écrire
encore, ta conversation d'enfourcheuse de balai inculte du
troisième degré ne m'intéresse pas.
LiLiTH
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