Votre vie privée
       
       
         
         

troisacdbg@club-internet.fr

      Très chère Marie,

Je vous écris pour éclaircir quelques points de votre vie privé.

Certains historiens prétendent qu'en plus de vos 10 enfants avec Louis XV, vous avez également eu un fils mort en bas âge né en 1735 ou 1738 avec ce dernier. Cela est-il vrai?

Vous n'avez presque eu aucuns rapports avec vos dernières filles, parties chez les religieuses en bas âge, qu'avez-vous ressentie à la mort de Marie Thèrèse Félicité en 1744 que vous avez à peine connu? Quels liens avez-vous tissé avec Victoire, Sophie et Louise à leur retour? Avez-vous eu de bons rapports avec vos 2 belles filles?

Pour terminer, comment avez-vous appris à vivre tout en sachant que le roi vous délaisse pour ses maîtresses?

Merci pour le temps que vous m'accordez.
Amicalement,

Anaïs

 

       
         

Marie Leszczynska

      Bonjour Anaïs,

Je n'ai pas eu de fils ni en 1735, ni en 1738. J'ai connu là deux fausses couches. J'ai vécu douze grossesses, et si j'évite d'évoquer celles qui furent manquées, c'est pour ne pas que l'on pense que je suis parfaitement incapable de donner une descendance mâle viable correcte, mes deux fils étant morts à l'heure où je vous écris, Louis en 1765, Philippe en 1733.

Il est évident que le 28 septembre 1744, en apprenant la mort de ma fille, j'ai éprouvé un vif chagrin. Mais ce n'est pas la seule que je n'ai pratiquement pas connue. Il y a aussi Louise Marie (morte à quatre ans) et Philippe (mort à trois ans), par exemple.

Au retour de mes trois filles, je m'en suis occupée, vous savez que je restais à l'écart du pouvoir, et m'occuper d'elles était une tâche que si je n'avais pas accomplie, je serais passée pour reine d'une ingratitude phénoménale. Et c'est un devoir que j'ai rempli avec plaisir, plutôt que de converser avec Mme de Pompadour!

Je ne pouvais pas fuir la cour, ni mettre fin à mes jours, ni essayer, même par intermédiaire, de raisonner le roi. Je devais accepter la situation. Je priais, je méditais, je courbais la tête. Je ne suis pas la première à qui cela arrive, et encore cela aurait pu plus mal se passer pour moi! Prenez en exemple Eléonore de Habsbourg, la seconde épouse de François 1er. Elle était délaissée par son époux comme moi, certes, mais ce dernier n'a exprimé une véritable répugnance envers cette vertueuse épouse, il n'a même pas cherché à conforté sa position en lui donnant une descendance. J'ai eu plus de chance qu'elle il faut le reconnaître. Je cesse donc de m'apitoyer sur mon sort.

Je n'ai pas eu de mauvais rapports avec mes belles-filles, la première, Marie Thérèse de Bourbon, je l'ai bien peu connue, car elle est morte peu de tant après être devenue ma bru, par contre Marie Josèphe de Saxe, je la trouvais bien belle, avec ses lumineux yeux bleus, et intelligente. Elle mourut malheureusement, fort tôt, à 36 ans, mais eu le temps de laisser une descendance fournie à mon fils.

Bien à vous,

Marie