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kronalb@wanadoo.fr |
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Votre vie |
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| Votre Majesté Je suis ravie de pouvoir m'entretenir avec vous, Madame. Étiez-vous très coquette? Portiez-vous des robes très colorées ou étiez-vous austère? Étiez-vous frivole? Avez-vous été amoureuse de quelqu'un et cela fut-il réciproque? Bonjour, J'étais effectivement assez coquette dans mes jeunes années. Pas comme la marquise de Pompadour, mais je savais être élégante. C'était là mon devoir. Je portais des robes colorées. De belles robes «à la Polonaise», c'est à dire à paniers en osier, ou parfois en fanons de baleines. Sur mes portraits officiels, vous me voyez vêtue d'étoffe brodée et de manteaux d'hermine. Mais dans l'ordinaire, je m'habille très simplement et je me coiffe d'une mantille noire. Depuis la mort de mon fils, je suis encore moins coquette qu'avant. Je préfère coudre et broder moi-même des vêtements et les distribuer aux pauvres. Ils en ont bien plus besoin que moi! Je n'ai jamais été frivole, même jeune. J'ai su tenir mon rôle, sobrement, sans excès. J'aurais été par là fort mal vue. Je ne l'ai d'ailleurs jamais été en cette terre française. Un jour, on m'a rapporté qu'avant mon mariage, on disait à la cour que j'étais scrofuleuse! J'ai été amoureuse de mon époux, mais au début j'ai été terriblement impressionnée. En le voyant pour la première fois, à Fontainebleau, avant nos noces, une fois sortie du carrosse, je me suis agenouillée devant mon futur époux, selon l'étiquette. Je me sentais tellement angoissée que je ne parvenais même pas à lever les yeux vers lui. Il me releva et m'embrassa. Plus tard, des dames de la Cour m'ont rapporté qu'il m'aimait. C'était sûrement vrai, car il a fait prolonger notre voyage de noces pendant trois longs mois. Hélas, après dix grossesses, je n'avais plus l'attrait physique d'une jeune épousée. Mon époux Louis XV a donc eu de nombreuses favorites. C'était très difficile à vivre, croyez-moi, car ces dernières avaient même un meilleur mode de vie que le mien. Elles vivaient officiellement à Versailles, à mon grand désespoir. Quelle dure vie que celle de reine! À bientôt, Marie |
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