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Julien |
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Votre arrivée en France, votre mariage et votre pays |
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Votre Majesté, Julien, En qualité d'hôtes du Roy de France, nous vivions, mes parents et moi, à Wissembourg, en Alsace. Le trajet fut donc relativement bref. Je fus mariée par procuration le 15 août 1725, jour de ma fête, en la cathédrale de Strasbourg. Le dus d'Orléans représentait le Roy. Il n'y eut aucune cérémonie de remise à la France, puisque je me trouvais déjà sur le territoire avant que d'être mariée. Je partis au matin du 17 août, escortée par mon père qui avait tenu à m'accompagner un jour de plus. Toutes les villes traversées me firent grand accueil; je me souviens particulièrement de Metz et Châlons. Le voyage fut néanmoins retardé par le mauvais temps. Les carrosses s'embourbaient fréquemment dans les chemins que la pluies avait détrempés, donnant lieu à moult incidents tragi-comiques. Le Roy m'attendait à Fontainebleau, mais il s'avança jusqu'à Froidefontaine, où nous nous rencontrâmes, le 4 septembre. Le mariage eut lieu le lendemain en la chapelle du château. Pour le mariage, il était hors de question de refuser. Certes, la jeunesse du Roy, qui n'avait que quinze ans à notre mariage alors que j'en comptais déjà vingt-deux, pouvait être rebutante pour autre que moi, mais mon père ne règnait plus depuis longtemps et le Roy était de loin le plus beau parti imaginable. De surcroît, il était au demeurant fort bel homme. Je ne l'avais pas rencontré avant le 4 septembre 1725, mais plusieurs miniatures, comme celle que l'on me remit à Châlons, m'avaient étés envoyées. Nous avions également pu correspondre. Avant de répondre à votre dernière question, je me permets de vous reprendre: je n'ai pas été sacrée. La dernière Reine de France ayant été sacrée et couronnée est Marie de Médicis. Cet événement, datant de 1610, avait fait fort mauvaise impression, Henri IV, son époux, ayant été assassiné le lendemain. Depuis 1610, les Reines ne sont plus sacrées. Ma famille se trouvait en Alsace, non en Pologne. J'écrivais très fréquemment à mon père, ce qui ne m'a jamais été reproché, puisqu'il n'avait plus aucun pouvoir politique. Je le revis dés le 16 octobre 1725, près de Fontainebleau, où le Roy l'avait invité, ainsi que ma mère, ma grand-mère et leur suite. Il lui proposa de s'établir à Chambord et mon père accepta sans hésiter. Nous nous revîmes chaque automne. Votre dévouée, Marie Leszczynska
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