Kristina
écrit à

   


Maria Leszczynska

     
   

Noël

    Majesté,

Comme à mon époque, nous sommes aujourd'hui la veille de Noël, je me permets de vous souhaiter tous mes voeux à cette occasion. J'aurais également aimé savoir comment se passe Noël pour une reine à Versailles.

Je vous embrasse,

Kristina

Chère Kristina,

Je vous remercie pour votre lettre. La Nativité du Christ est avant tout une des fêtes religieuses les plus importantes de l'année, où nous louons le Verbe incarné, le Fils embrassant notre condition humaine par amour pour nous. J'ai passé, comme de coutume, de longs moments de prière et d'adoration dans la chapelle du château, au cours des trois messes rituelles, et dans mon oratoire. J'ai demandé au Seigneur de préserver le roi, la paix et la prospérité dans le royaume de France et la bonne entente dans sa famille.

Noël est une fête que j'affectionne particulièrement, avec celle de l'Assomption de la Vierge. Ce fut toujours pour moi un grand moment de joie. Un grand élan de foi et d'espérance animait la cour de France, lorsque le roi communiait encore et touchait les scrofuleux. Il le faisait cinq fois dans l'année, dont à Noël. Je suppose que vous n'ignorez pas, chère Kristina, qu'il ne s'approche plus de la Sainte Table depuis longtemps... Lorsqu'il le faisait encore, son exemple édifiait le monde, unissait la famille royale et nous rapprochait.

La Nativité fait également l'objet de réjouissances profanes et de festins. J'apprécie beaucoup la tradition du sapin décoré et illuminé, très présente en Alsace où j'ai passé ma jeunesse. Devenue reine, je fus très étonnée de voir que cela ne se faisait pas à la cour de France. Nostalgique de cette charmante coutume, je l'introduisis à Versailles en 1738.

Au plaisir,

Marie